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Le corps humain est un système complexe, où à toutes les secondes il se produit une multitude de processus biologiques, allant de la formation de nouvelles cellules à la réparation de notre ADN.

La protéine FLRT3 impliquée dans la douleur

Mais la douleur a longtemps été un mystère. De nouvelles théories ont émergé pour expliquer ce phénomène, outre la participation de nos nerfs et de capteurs sous la peau.
Maintenant une équipe de chercheurs explique qu’une protéine précédemment impliquée dans la croissance des neurones et l’adhésion cellulaire est également essentielle au développement de la sensibilisation à la douleur.
La douleur neuropathique est une affection chronique résultant d’une lésion nerveuse antérieure ou de certaines maladies, notamment le diabète, le cancer et la sclérose en plaques. Les patients concernés présentent souvent une hypersensibilité à des stimuli normalement non douloureux tels que le toucher ou des mouvements répétitifs, la douleur se traduisant généralement par des sensations de brûlure, un engourdissement ou des picotements.
Chez l’homme, la corne dorsale de la moelle épinière sert de centre de tri des stimuli de la douleur. Les signaux provenant des zones périphériques du corps sont traités puis transmis au cerveau par des neurones secondaires. Fait important, il s’agit d’une région-clé dans le développement de la douleur neuropathique. Des études ont établi un lien entre cette maladie et une excitabilité neuronale anormale dans la corne dorsale de la moelle épinière. Cependant, ce qui provoque l’excitation excessive de ces neurones reste un mystère.
La FLRT3, ou protéine 3 transmembranaire riche en fibronectine leucine, est une protéine couramment trouvée dans les systèmes nerveux embryonnaire et adulte. Et bien que les chercheurs ne sachent pas exactement quel rôle elle joue dans les tissus adultes, la FLRT3 a été impliqué dans la formation de synapses et l’adhésion cellulaire dans le cerveau en développement.

L’expression de la FLRT3 dans la corne dorsale a mis l’équipe sur une piste

Mais ce sont des rapports sur l’expression de la FLRT3 dans la corne dorsale à la suite d’une lésion nerveuse qui ont conduit les chercheurs de l’Université d’Osaka à étudier la possibilité que la FLRT3 soit impliquée dans la douleur neuropathique  – qui est une douleur provoquée par une lésion ou une maladie affectant le système somatosensoriel qui fait partie du système nerveux sensoriel – qui se définit comme survenant en l’absence de stimulus nociceptif.
«Nous avons examiné l’expression de la FLRT3 dans les cornes dorsales de rats adultes après une lésion du nerf périphérique», explique l’auteur principal de l’étude, Moe Yamada. «Fait intéressant, même si l’expression du gène FLRT3 n’a été observée que dans le ganglion de la racine dorsale, des taux élevés de la protéine FLRT3 ont été trouvés dans la corne dorsale.
«Lorsque nous avons ensuite injecté de la FLRT3 purifié dans l’espace sous-arachnoïdien afin qu’elle atteigne le liquide céphalo-rachidien ou surexprimé la protéine dans le ganglion de la racine dorsale à l’aide d’un vecteur viral, les rats traités ont développé une sensibilité au toucher, appelée allodynie mécanique», ajoute Yamada.

En bloquant l’activité de la protéine FLRT3 les douleurs ont disparu

Mais ce qu’il y a d’encourageant: s’ils bloquaient ensuite l’activité de la protéine FLRT3 à l’aide d’anticorps ou par l’extinction des gènes, les symptômes de l’allodynie mécanique apparaissant après une lésion nerveuse ont pratiquement disparu.
Toshihide Yamashita, un auteur chevronné, explique: «nos résultats suggèrent que la FLRT3 est produite par des neurones lésés dans le ganglion de la racine dorsale, provoquant une excitabilité neuronale dans toute la corne dorsale et une sensibilisation subséquente à la douleur. Ceci est un nouveau rôle pour la FLRT3 et offre de nouvelles avenues à explorer dans la recherche de traitements efficaces contre la douleur neuropathique.
Cette étude a été publiée dans The Journal of Neuroscience.
Source : Osaka University
Crédit photo : Pixabay