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Une morsure d’araignée à toile-entonnoir libère des neurotoxines qui peuvent tuer un adulte en quelques heures ou un enfant en quelques minutes. Leurs crocs sont si tranchants et puissants qu’ils peuvent percer les ongles. Pourtant, cette araignée pourrait devenir notre ami dans la lutte contre le petit coléoptère des ruches, une nouvelle menace pour de nombreuses sortes d’abeilles.

Une toxine contre le petit coléoptère des ruches

En Afrique australe, où il est originaire, ce petit coléoptère des ruches  n’est qu’un parasite mineur. Les abeilles africaines défendent leurs nids de manière si agressive que l’envahisseur prend rarement le dessus. Cependant, en dehors de l’Afrique, les nids de l’abeille européenne (Apis mellifera), plus décontractée, sont souvent dévastés par cet insecte et ses larves, qui dévorent le miel, le pollen et la couvée, et détruisent les rayons en introduisant parfois des maladies.
Ce coléoptère  a été découvert pour la première fois aux États-Unis en 1998 et s’est établi depuis en Amérique du Nord et en Australie, et a commencé à apparaître dans le sud de l’Europe. Certains pesticides peuvent tuer ces coléoptères mais, ce faisant, ils nuisent également aux abeilles.
Des chercheurs de l’Université de Durham et d’une société du nom de Fera Science, tous deux Britanniques, pensent désormais que les araignées à toile-entonnoir pourraient fournir l’arme nécessaire pour tuer ce coléoptère .
Le venin de cette araignée contient un cocktail de différents ingrédients toxiques. Nous savons depuis longtemps que l’une de ces toxines – le Hv1a – est mortelle pour la plupart des insectes, y compris les petits coléoptères des ruches, mais n’a apparemment aucun effet nocif sur les abeilles ni sur l’être humain. Le problème était que le Hv1a doit être injecté pour être efficace.

Le pouvoir des fleurs

«Lorsque cette araignée fait une injection, ses toxines se propagent directement dans le système circulatoire, puis au système nerveux central», explique Elaine Fitches, dont l’équipe a mené des recherches. Si les coléoptères ou leurs larves avalent simplement la toxine, celle-ci se dégrade rapidement dans les intestins et a peu d’effet.
Fitches et son équipe semblent avoir résolu ce problème, en liant le Hv1a à une autre molécule trouvée dans le perce-neige, le Galanthus nivalis, qui le transporte efficacement à travers la barrière intestinale. Dans leur laboratoire, ils ont administré la «protéine fusionnée» dans une solution sucrée aux coléoptères et à leurs larves.

Après une semaine les larves et les adultes étaient tous morts

Au bout de deux jours, les larves ont commencé à se «tordre». Après une semaine, les larves et les adultes étaient tous morts. Ils ont également placé les œufs de coléoptères sur un morceau de nid d’abeilles contenant des larves d’abeilles, qui ont été ensuite pulvérisé avec ce nouveau composé. Le nid d’abeilles et les abeilles ont tous survécu et la plupart des nouvelles larves des coléoptères sont décédées.
Même lorsque des abeilles ont été anesthésiées et qu’elles ont reçu cette protéine fusionnée, au moins 90% ont survécu. Cette recherche en est à ses débuts, mais il est possible que toute une gamme de biopesticides émerge du venin d’araignée en liant différentes toxines à d’autres protéines de la même manière. «Ces résultats m’ont totalement décontenancé», explique Fitches.
Cette recherche a été publiée dans le Journal of Pest Science.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay