Mesurer la dilatation pupillaire pour diagnostiquer l’Alzheimer

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Des scientifiques de la faculté de médecine de l’Université de Californie à San Diego suggèrent que la maladie d’Alzheimer pourrait être détectée des années avant l’apparition des premiers symptômes en examinant la dilatation des pupilles.

Mesurer les pupilles pour identifier la maladie d’Alzheimer

Cette nouvelle étude révèle que mesurer la vitesse de dilatation de la pupille pendant qu’une personne entreprend un test cognitif pourrait aider à identifier les stades précoces et présymptomatiques de la maladie d’Alzheimer.

L’œil est en train de devenir une fenêtre profonde sur la santé du cerveau d’une personne grâce à un certain nombre d’études récentes portant sur des biomarqueurs de l’œil corrélés au déclin cognitif et à la neurodégénérescence. Une étude fascinante réalisée en 2018 a révélé une corrélation distincte entre plusieurs maladies oculaires dégénératives et l’apparition de la maladie d’Alzheimer, ce qui implique que la santé des yeux peut être un indicateur efficace de la santé de nombreuses régions du cerveau.

Une autre recherche a révélé des liens fascinants entre l’amincissement d’une couche de la rétine, une diminution des petits vaisseaux sanguins de la rétine à l’arrière de l’œil et les tout premiers stades de la maladie d’Alzheimer. Une autre recherche suggérait que les protéines bêta-amyloïdes, des composés toxiques associés aux cellules cérébrales endommagées, pouvaient être détectées à l’arrière de l’œil.

Aucun de ces tests n’a encore été utilisé en clinique, car ils nécessiteraient tous des technologies d’imageries compliquées, voire coûteuses, pour dépister efficacement les patients. Mais une nouvelle étude décrit une méthode novatrice, peu coûteuse et non invasive, qui pourrait théoriquement être mise en œuvre assez rapidement dans les cliniques du monde entier.

Les protéines tau se développent dans le locus cœruleus

Cette recherche est fondée sur l’observation que les protéines tau, une autre protéine associée au déclin cognitif de la maladie d’Alzheimer, ont tendance à se développer initialement et à endommager une région du cerveau appelée locus coeruleus (LC).

Des recherches antérieures avaient montré que la LC induisait en grande partie les réponses à la dilatation pupillaire. Elle visait donc à déterminer si les accumulations précoces de tau dans le LC pouvaient modifier la dilatation de la pupille de manière à permettre l’identification de la maladie d’Alzheimer présymptomatique.

Une étude précédemment publiée de l’équipe de recherche actuelle a démontré que les adultes présentant une déficience cognitive légère présentaient une plus grande dilatation des pupilles lors d’un test cognitif, par rapport à un adulte en bonne santé. Fait important, ces différences de dilatation des pupilles sont apparues même lorsque les deux groupes ont obtenu les mêmes résultats aux tests cognitifs.

Dans la dernière étude de l’équipe de recherche, un grand nombre d’adultes d’âge moyen en bonne santé ont été soumis à un test. Leurs réponses pupillaires ont ensuite été mesurées par rapport aux scores de risque génétique de la maladie d’Alzheimer afin de déterminer si ce test pouvait identifier des individus génétiquement à risque des années avant l’apparition des symptômes.

Les résultats ont en effet confirmé une association entre les réponses pupillaires lors de tâches cognitives et les scores de risque génétique pour la maladie d’Alzheimer, malgré le fait que tous les sujets présentaient toujours une cognition normale.

Une preuve que la mesure pupillaire est efficace

«Étant donné les preuves reliant le LC la protéine tau et l’association entre la réponse pupillaire et les scores de risque polygénique de la MA, ces résultats sont une preuve irréfutable que la mesure de la réponse pupillaire est efficace. Les tâches cognitives pourraient constituer un autre outil de dépistage permettant de détecter la maladie d’Alzheimer avant l’apparition des symptômes », explique Willam Kremen, premier auteur de cette nouvelle étude.

Comme le note Kremen, ce test en est encore au stade de la preuve de concept. Davantage de travail est nécessaire pour vérifier ces résultats dans des cohortes plus grandes et plus variées.

Cette recherche a été publiée dans Neurobiology of Aging.

Source : UC San Diego Health
Crédit photo : Pixabay

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