Éliminer les polluants des cours d’eau avec une bactérie

biothechnologie https://live.staticflickr.com/65535/48770430818_dda48f7d26_b.jpg https://live.staticflickr.com/65535/48770430818_dda48f7d26_b.jpg Technologie Média 0 https://technologiemedia.net/2019/09/21/eliminer-les-polluants-des-cours-deau-avec-une-bacterie/#respond
382

éliminer-les-polluants-des-eaux-avec-des-bactéries

Les substances perfluoroalkyliques et polyfluoroalkyles (PFAS) s’accumulent dans l’environnement et les scientifiques commencent à s’inquiéter. Ces substances, omniprésentes comme additifs hydrofuges ou antiadhésifs dans de nombreux produits de consommation, sont persistantes et s’accumulent dans les organismes tout au long de la chaîne alimentaire depuis de nombreuses années.

Utiliser une bactérie pour biodégrader des contaminants

À présent, des chercheurs d’ACS Environmental Science & Technology ont identifié des bactéries provenant d’une zone humide du New Jersey qui, étonnamment, peuvent rompre les liaisons carbone-fluor et dégrader le PFAS.

La liaison covalente carbone-fluor (C-F) est la plus forte en chimie organique et, jusqu’à présent, aucun organisme n’était connu pour être capable de la rompre. Dans des travaux antérieurs, Shan Huang et Peter Jaffé ont isolé une bactérie appelée Acidimicrobiaceae sp. A6 (A6), provenant du sol des zones humides du New Jersey qui pouvait provoquer une réaction chimique inhabituelle: utiliser du fer dans le sol pour décomposer l’ammonium, un polluant présent dans les eaux usées et de ruissellement d’engrais, sans oxygène.

Huang et Jaffé se sont demandé si cette réaction, appelée Feammox, (Anaerobic ammonium oxidation coupled with ferric iron reduction) pourrait également aider à décomposer le PFAS. Pour le savoir, les chercheurs ont fait croître des cultures d’A6 en milieu riche en fer et en ammonium et ont ajouté l’un des deux PFAS suivants: l’acide perfluorooctanoïque (PFOA) ou le perfluorooctane sulfonate (PFOS).

La bactérie Acidimicrobiaceae sp. A6 rendait les polluants inoffensifs

L’équipe a découvert que la bactérie A6 avait utilisé la réaction Feammox pour transférer des électrons d’ammonium ou d’hydrogène gazeux vers le PFAS, éliminant ainsi les atomes de fluorure et rendant les substances inoffensives.

En conséquence, sur une période de 100 jours, ces microbes ont dégradé jusqu’à 60% de PFOA et 50% du PFOS ajouté aux cultures. Ces résultats indiquent que, dans des conditions environnementales appropriées, l’A6 et le procédé Feammox pouvaient biodégrader les PFAS dans les sols et les eaux souterraines contaminés, indiquent les chercheurs.

Cette recherche a été publiée dans Environmental Science & Technology.

Source : ACS Chemistry for life
Crédit photo : Pixabay

https://live.staticflickr.com/65535/48770430818_dda48f7d26_b.jpg