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En prévision du Sommet des Nations unies sur l’action pour le climat qui se tiendra cette semaine à New York, le World Meteorological Organization (WMO) a publié un nouveau rapport sur le climat intitulé United in Science, qui décrit l’état actuel du climat. En se concentrant sur les cinq dernières années, ce rapport montre qu’il s’agit des années les plus chaudes jamais enregistrées et souligne à quel point nous sommes loin d’avoir atteint les objectifs de l’accord de Paris.

Le WMO a publié un nouveau rapport sur le climat 

Conçu pour informer les dirigeants du monde entier sur les actions  prendre pour le climat, ce nouveau rapport rassemble essentiellement les données de plusieurs précédents rapports en un seul. Il met particulièrement l’accent sur la période de 2015 à juillet 2019, avec une augmentation records des chaleurs qui a été battus, des émissions de gaz à effet de serre et des signes révélateurs du changement climatique, comme l’élévation du niveau de la mer, la perte de la glace et les phénomènes météorologiques extrêmes.
Ensemble les cinq dernières années sont les plus chaudes depuis le début des enregistrements en 1880, tandis que les 20 premières années se situent toutes au courant des 22 dernières années. Ce n’est peut-être pas encore terminé, mais 2019 est sur la bonne voie pour rejoindre les rangs de l’année la plus chaude jamais enregistré.
La température moyenne mondiale entre 2015 et 2019 était supérieure de 1,1° Celsius à la moyenne de la période préindustrielle. Même par rapport à la période quinquennale précédente de 2011 à 2015, il tait en hausse de 0,2° Celsius.
Ces températures records peuvent être le résultat d’un autre record brisé : celui des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. C’est au cours de cette période de cinq ans que les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère ont dépassé 400 parties par million (ppm), un niveau qui n’avait pas été observé sur Terre depuis plus de trois millions d’années. Les rapports préliminaires suggèrent que nous sommes sur la bonne voie pour atteindre, voire dépasser, 410 ppm d’ici la fin de l’année. Le fait que le taux de CO2 ait augmenté de 20 % par rapport aux cinq années précédentes n’aide pas.

Les phénomènes météorologiques extrêmes sont plus fréquents

Tout ce carbone et cette chaleur ont des effets tangibles sur le climat et l’environnement. Les phénomènes météorologiques extrêmes sont de plus en plus fréquents, les vagues de chaleur qui affectent tous les continents et qui entraînent de nombreux nouveaux records locaux des températures. Les incendies de forêt, les ouragans et les cyclones ont augmenté en intensité, avec de nombreux nouveaux records en matière de dévastation et de coûts économiques.
Les températures records sont également à l’origine de la baisse des températures en ce qui concerne la glace de mer aux deux pôles. Les quatre plus bas niveaux de la glace de ;a mer hivernale dans l’Arctique ont été enregistrés au cours de chacune des quatre années de la période de 2015 à 2018. L’Antarctique n’a guère fait mieux, ses deux plus faibles niveaux de glace de la mer en été se produisant en 2017 et 2018.
La vitesse à laquelle les calottes glaciaires de l’Antarctique perdent de la glace a été multipliée par six, passant de 40 gigatonnes par an entre 1979 et 1990 à 252 gigatonnes entre 2009 et 2017.
Toute cette fonte des glaces fait aussi monter le niveau de la mer plus rapidement. L’élévation moyenne mondiale a été de 5 mm par an entre mai 2014 et 2019, ce qui est beaucoup plus rapide que le taux moyen de 3,2 mm par an depuis 1993. En outre les océans sont plus chauds et plus acides : cette période de cinq ans a vu les trois plus hautes températures océaniques et une augmentation de l’acidité de 26 % depuis la révolution industrielle.
Des tendances similaires se dessinent lorsque l’Accord de Paris a été signé en 2015, et ce rapport examine également dans quelle mesure nous sommes sur la bonne voie pour atteindre les objectifs fixés à l’époque. Les perspectives ne sont pas bonnes. Jusqu’à présent, nous sommes sur la bonne voie pour réduire les émissions mondiales de CO2 de 6 gigatonnes d’ici 2030 – pour limiter le réchauffement à moins de 2° Celsius, nous devons tripler ce chiffre, et pour atteindre l’objectif plus ambitieux de 1,5° C, il faut multiplier par cinq les efforts actuels.

Un rapport pour orienter les efforts internationaux lors du Sommet des Nations unies

Ce nouveau rapport est inquiétant, mais il devrait servir à orienter les efforts internationaux lors du Sommet des Nations unies sur le climat de cette semaine. Si l’on ajoute à cela les incroyables taux de participation aux grèves climatiques des dernières semaines dans plusieurs pays, on peut espérer que cela incitera les dirigeants du monde entier à agir.
« Cette nouvelle évaluation est un autre rappel de l’état critique de la crise climatique et un appel lancé aux gouvernements, aux entreprises et à la société civile pour qu’ils agissent avec plus de détermination et d’énergie afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre « , affirme Pep Canadell, chercheur scientifique en chef au CSIRO et auteur du rapport.
« Rien dans ce rapport ne devrait nous surprendre mais il confirme les tendances bien établies par la communauté scientifique, avec une nette accélération des changements climatiques au cours des trois dernières décennies. Combien faut-il de données climatiques pour accepter la nature sans précédent de ce que nous vivons et pour agir en conséquence ? »

Une version de base de ce rapport est présentée sous la forme d’une vidéo

Ce rapport a été publié en ligne. Une version de base peut être vue dans la vidéo ci-dessous.

Source :  WMO / Scimex
Crédit photo : Pixabay

Nous sommes loin des objectifs de l'accord de ParismartinChangement Climatique
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