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Un nouveau type de vaccin qui peut être stocké à des températures plus chaudes, éliminant le besoin de réfrigération, a été mis au point pour lutter contre le chikungunya, un virus transmis par les moustiques, ce qui constitue une avancée majeure dans la technologie des vaccins.

Un vaccin synthétique contre le chikungunya

Les résultats, publiés dans Science Advances, révèlent des résultats exceptionnellement prometteurs pour ce vaccin candidat contre le chikungunya, qui a été conçu à l’aide d’un support protéique synthétique qui pourrait révolutionner la conception, la production et le stockage des vaccins.
Les maladies infectieuses continuent d’affecter les populations du monde entier. Parmi les moyens dont nous disposons pour contrer cette menace, la vaccination s’est avérée exceptionnellement puissante. La variole a été éradiquée, la rougeole, la poliomyélite et le tétanos ont été éliminés de notre monde par la vaccination.
Cependant, de graves problèmes de santé humaine persistent, comme en témoignent les épidémies causées par le virus Ebola, le Zika et plusieurs autres. Cette situation est particulièrement grave dans les pays en développement qui manquent souvent d’infrastructures et de ressources adéquates pour prévenir ou gérer des flambées épidémiques, ce qui entraîne des perturbations et des dommages dans les communautés touchées et un déficit économique important.
Un exemple récent est le chikungunya, un virus transmis par la piqûre d’un moustique infecté. Cette maladie provoque des vomissements, un gonflement des membres et peut entraîner la mort. Même si la fièvre s’arrête brusquement, des symptômes chroniques tels que douleurs articulaires intenses, de l’insomnie et une prostration extrême persistent.
Autrefois confiné à l’Afrique subsaharienne, le chikungunya s’est récemment disséminé dans le monde entier lorsque son hôte moustique a quitté son habitat naturel en raison de la déforestation et du changement climatique, les récentes épidémies aux États-Unis et en Europe ayant été dramatiques.

Un vaccin ressemblant à un virus mais qui est inoffensif

Des chercheurs de l’Université de Bristol et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de Grenoble se sont associés au géant de l’informatique Oracle pour trouver un moyen de fabriquer des vaccins thermostables conçus rapidement et facilement.
« Nous travaillions avec une protéine qui forme une particule multimère ressemblant à un virus, mais qui est totalement inoffensive, car elle ne contient aucun matériel génétique, explique Pascal Fender, virologue expert au CNRS. « Complètement par hasard, nous avons découvert que cette particule était incroyablement stable même après des mois, sans réfrigération. »
« Cette particule a une surface très flexible et qui peut être facilement fabriquée, a ajouté Imre Berger, directeur du centre Max Planck-Bristol pour la biologie minimale à Bristol. « On s’est dit qu’on pourrait insérer de petits morceaux inoffensifs de Chikungunya pour générer une imitation virale qu’on pourrait utiliser comme vaccin. »
Pour valider leur conception, les scientifiques ont eu recours à la cryo-microscopie électronique, une nouvelle technique puissante récemment placée dans l’installation de microscopie de pointe de Bristol, dirigée par Christiane Schaffitzel, coauteure de l’étude. Cette technologie créée de très grands ensembles de données à partir desquels la structure d’un échantillon peut être déterminée à une résolution proche de la résolution atomique, ce qui nécessite un calcul parallèle massif.
« Grâce à l’infrastructure dans le cloud haute performance d’Oracle, nous avons pu traiter les grands ensembles de données obtenus par le microscope sen une fraction du temps et à un coût beaucoup moins élevé qu’on ne le pensait auparavant. »

Des vaccins faciles à fabriquer et thermostables

Les particules ainsi conçues par les scientifiques ont donné des résultats exceptionnellement prometteurs dans des études animales, ouvrant la voie à un futur vaccin contre la maladie de chikungunya. « Les virus attendent de se propager, et nous devons disposer des outils nécessaires pour faire face à cette menace mondiale. Notre vaccin candidat est facile à fabriquer, extrêmement stable et suscite une réponse immunitaire puissante. Il peut être stocké et transporté sans réfrigération vers les pays et les patients où il est le plus nécessaire.’, explique Imre Berger.
« Nous pouvons maintenant mettre au point rapidement des vaccins similaires pour combattre de nombreuses autres maladies infectieuses. », npte Fred Garzoni, fondateur d’Imophoron Ltd, une startup biotechnologique de Bristol qui développe de nouveaux vaccins dérivés de ces travaux. « De nombreux défis de l’industrie exigent des solutions innovantes pour apporter de nouveaux vaccins puissants aux patients. « L’alliance de la biologie synthétique et de l’informatique dans le cloud s’est avérée gagnante. »
La vidéo ci-dessous nous montre les travaux de l’équipe.

Source : University of Bristol
Crédit photo : Pixabay