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Quelle est l’origine évolutive de l’orgasme féminin ? Une étude portant sur l’administration d’antidépresseurs à des lapines a confirmé l’idée que l’orgasme féminin pourrait provenir d’un réflexe qui fait ovuler certaines femelles pendant les rapports sexuels.

Pourquoi les femmes ont des orgasmes ?

Il existe plusieurs théories concernant la fonction des orgasmes féminins. Certaines études ont montré que les contractions de l’utérus pendant l’orgasme aidaient à transporter les spermatozoïdes vers l’ovule. Cependant, beaucoup de femmes n’ont pas d’orgasme pendant les rapports sexuels, et il est également courant pour les femmes de concevoir sans orgasme.
Il y a aussi des explications plus simples, notamment que le plaisir sexuel encourage les femmes à avoir plus de relations sexuelles, ce qui les rend plus susceptibles de concevoir ou les motive à établir des relations engagées, ce qui peut être bénéfique pour élever des enfants.
Mais comment l’orgasme féminin a-t-il évolué ? Mihaela Pavlicev, actuellement à l’Université de Vienne en Autriche, et ses collègues pensent que les animaux qui ovulent pendant les rapports sexuels seraient la réponse.
Alors que les femmes ont une période d’ovulation à peu près tous les mois, l’ovulation chez d’autres mammifères, comme les lapins, est déclenchée par la copulation. Pavlicev et son équipe pensent que les hormones et les circuits cérébraux impliqués dans un réflexe d’ovulation pourraient également être impliqués dans la production d’un orgasme.

L’évolution d’une nouvelle fonction

En 2016, ils ont analysé 41 espèces de mammifères. De ce nombre, 15 espèces, dont les chats, les koalas et les chameaux, ont une ovulation réflexe. La façon dont ces espèces sont apparentées dans l’arbre généalogique des mammifères suggère que ce système a probablement été présent chez les premiers ancêtres des mammifères.
Dans leur dernière étude, l’équipe a exploité la découverte que l’antidépresseur fluoxétine, qui est vendu sous le nom de Prozac, qui réduit la capacité des gens à avoir un orgasme. Ils ont découvert qu’après avoir donné de la fluoxétine à des lapines pendant deux semaines, le taux d’ovulation pendant la copulation a diminué d’un tiers.
Cela confirme l’idée que les mêmes hormones et les mêmes circuits cérébraux pourraient être impliqués dans l’ovulation et l’orgasme déclenchés par l’acte sexuel, dit Pavlicev. Il se pourrait que les deux événements se soient produits chez nos ancêtres mammifères – ou peut-être que les circuits du cerveau ont déjà été utilisés pour déclencher la libération des ovules et qu’ils ont évolué depuis en un mécanisme de déclenchement de l’orgasme.

La sélection naturelle peut façonner de nouvelles fonctions

« La sélection peut prendre quelque chose et le façonner pour une nouvelle fonction « , dit David Puts de l’Université d’État de Pennsylvanie, qui n’était pas impliqué dans ce travail. « Nos trous d’oreilles étaient à l’origine des fentes branchiales. Les fonctions évoluent avec le temps. »
Un indice serait de savoir si les lapines et autres animaux avec des ovulations réflexes ont aussi des orgasmes. « C’est une question difficile – nous ne pouvons pas leur demander », dit Pavlicev.
Cette recherche a été publiée dans PNAS.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay