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Pour étudier comment le battement de notre cœur influence notre temps de réaction, Sarah Garfinkel de l’Université du Sussex, au Royaume-Uni, et ses collègues ont conçu un jeu de conduite en réalité virtuelle. Pendant que les participants conduisaient, des obstacles apparaissaient sur la route, soit au rythme d’un battement de cœur, soit entre les battements.

Les systoles cardiaques diminuent le temps de réaction

Lorsque les objets coïncidaient avec les battements cardiaques, le temps de réaction des conducteurs était plus lent et ils étaient plus susceptibles d’avoir un accident en s’écrasant dessus. Mme Garfinkel a présenté ses résultats à New Scientist Live à Londres jeudi, où elle a discuté de l’effet des systoles – la compression des ventricules cardiaques qui se produit au milieu d’un battement cardiaque – sur la conduite.
« Si vous conduisez et que vous êtes dans un état très excité et que votre cœur bat fort et rapidement, vous aurez plus de systoles cardiaques, ce qui diminuera votre temps de réaction et votre capacité d’éviter les objets, a-t-elle dit.
Cette recherche s’ajoute à une série d’études montrant que les systoles ont un effet inhibiteur sur la capacité du cerveau à traiter les stimuli. Par exemple, les stimuli douloureux sont perçus comme moins douloureux s’ils coïncident avec un battement cardiaque.
Garfinkel a aussi trouvé un effet sur la mémoire. Si l’on montre aux participants des mots à temps avec les battements du cœur ou entre les battements, ils sont plus susceptibles d’oublier les mots qui sont apparus lors d’un battement lorsqu’ils ont été testés plus tard.

Ces effets viendraient des barorécepteurs

On pense que ces effets sont médiés par les barorécepteurs, des capteurs de pression artérielle situés dans les artères principales. Ces récepteurs se déclenchent en rafales chaque fois que le cœur se contracte, mais en plus d’aider à réguler la tension artérielle, ils semblent avoir un effet inhibiteur sur certaines fonctions cognitives.
Selon cette hypothèse, « on active les barorécepteurs et on inhibe l’activité cérébrale durant le cycle cardiaque », explique Christopher Ring de l’Université de Birmingham, Royaume-Uni. Certaines études ont détecté des fluctuations de l’activité électrique dans le cerveau selon la phase du cycle cardiaque.
Mais nos battements cardiaques peuvent aussi améliorer certaines fonctions neurales. Par exemple, Garfinkel a trouvé que les stimuli craintifs sont perçus comme étant plus effrayants s’ils apparaissent pendant un battement de coeur.
Il semble y avoir des phases cardiaques: « meilleures » et « pires », pour le traitement sensoriel. Cependant, on ne sait pas si c’est un défaut ou une caractéristique », dit Michael Gaebler du Max Planck Institute for Human Cognitive and Brain Sciences en Allemagne.

Le bruit dans le cerveau pourrait entraver le traitement des stimuli

Le bruit dans le cerveau peut entraver le traitement des stimuli, ou le cerveau peut utiliser les fluctuations rythmiques de l’activité cardiaque pour optimiser le traitement sensoriel, dit-il. Le traitement sensoriel n’est qu’une étape d’une cascade complexe d’événements pendant la conduite, dit Gaebler. « À mon avis, si les fluctuations perceptuelles cardiaques peuvent contribuer aux accidents, beaucoup d’autres choses doivent mal tourner pour entraîner un accident. »
Cette recherche a été publiée dans The Journal of Neuroscience.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay