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Des niveaux élevés de pollution de l’air peuvent augmenter le risque d’une fausse couche précoce, selon des données provenant de femmes enceintes qui vivent et travaillent à Beijing, en Chine.

La pollution augmente les risques de fausses couches précoces

« Nous avons des preuves claires et nous savons de plus en plus qu’il existe une véritable association entre la pollution de l’air et les fausses couches », explique Tim Nawrot, de l’Université Hasselt en Belgique, qui n’a pas participé à cette étude.
Une fausse couche précoce se produit lorsqu’un fœtus meurt ou cesse de se développer pendant la grossesse, habituellement sans aucun symptôme. De telles fausses couches ont tendance à se produire au cours du premier trimestre et peuvent être détectées lors de scintigraphies vers la 12ième ou 14ième semaines. On sait peu de choses sur leurs causes.
De plus en plus de preuves suggèrent que l’exposition à la pollution de l’air pourrait affecter le développement d’un fœtus. Pour savoir si les niveaux de pollution de l’air peuvent être liés à des fausses couches précoces, Liqiang Zhang de l’Université normale de Beijing et ses collègues ont évalué les dossiers médicaux d’environ 255 000 femmes enceintes à Beijing.
L’équipe a également recueilli des données sur les niveaux de quatre polluants atmosphériques enregistrés par les stations de surveillance de l’air près de l’endroit où chaque femme vivait et travaillait. En plus de suivre les niveaux de minuscules particules, comme la suie, les chercheurs ont noté la quantité de dioxyde de soufre, d’ozone et de monoxyde de carbone.
Un peu moins de 7 % des femmes, soit environ 17 500 personnes, ont expérimenté une fausse couche au cours de leur premier trimestre. Les femmes de plus de 39 ans et celles qui travaillaient comme agricultrices ou ouvrières semblent plus à risque.
Les chercheurs ont constaté que les femmes exposées à des niveaux plus élevés de pollution de l’air avaient un risque accru de faire une fausse couche précoce, bien qu’ils n’aient pas directement vérifié si la pollution cause une fausse couche. Cette découverte s’appuie sur une récente étude menée auprès de femmes aux États-Unis, qui a également établi un lien entre l’exposition à la pollution atmosphérique et le risque de fausse couche.

Les polluants semblent pouvoir s’infiltrer dans le placenta

Les polluants présents dans l’air semblent pouvoir s’infiltrer dans le placenta, selon des travaux récents de l’équipe de Nawrot. Une fois qu’ils atteignent le fœtus, ces produits chimiques peuvent endommager l’ADN. « Ils peuvent interagir avec le développement du fœtus », dit Nawrot.
Zhang et ses collègues écrivent que « les femmes enceintes ou celles qui veulent le devenir doivent se protéger contre l’exposition à la pollution atmosphérique non seulement pour leur propre santé mais aussi pour celle de leur fœtus ». Mais Nawrot souligne qu’on ne peut pas toujours éviter la pollution de l’air – tout le monde a besoin de respirer ».
L’équipe de Zhang a constaté que, depuis que le gouvernement chinois a publié des règles pour réduire la pollution atmosphérique en 2013, les niveaux de polluants atmosphériques avaient diminué, tout comme le risque de fausse couche. En fin de compte, les gouvernements ont la responsabilité d’améliorer la qualité de l’air, dit M. Nawrot.
Cette recherche a été publiée dans Nature Sustainability.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay

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