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Helicobacter pylori (H. pylori) est un pathogène bactérien transmis par 4,4 milliards de personnes dans le monde, avec la prévalence la plus élevée en Afrique, en Amérique latine et aux Caraïbes.

Des nanocapsules contre les bactéries

Bien que la majorité de ces infections ne présentent aucun symptôme, si elles ne sont pas traitées, cet agent pathogène peut causer une inflammation chronique de la paroi de l’estomac, des ulcères et est associé à un risque accru de cancer gastrique.
En 2017, l’Organisation mondiale de la santé a inscrit H. pylori sur sa liste des « pathogènes prioritaires » résistants aux antibiotiques – un catalogue de bactéries qui représentent la plus grande menace pour la santé humaine et qui nécessitent de toute urgence de nouveaux traitements.
Les traitements actuels impliquent un traitement multicible avec une combinaison d’antibiotiques, mais cela a favorisé l’émergence de souches résistantes. Maintenant, des scientifiques britanniques et allemands ont découvert une nouvelle approche sans antibiotiques utilisant uniquement des ingrédients de qualité alimentaire et pharmaceutique, non toxiques et sans danger pour la consommation, qui peut être utilisée en complément des traitements antibiotiques actuels.
Cette formulation est délivrée par des milliards de nanocapsules regroupées, qui sont plus petites qu’une cellule sanguine humaine, et empêche les bactéries de se fixer aux cellules de l’estomac et de les infecter.

La résistance aux antimicrobiens

L’équipe, qui comprend des chercheurs des universités de Leeds, Münster et Erlangen, espère que ces nanocapsules pourront être utilisées comme mesures préventives, tout en aidant à éradiquer H. pylori et à réduire les souches résistantes aux antibiotiques.
Le coauteur de cette étude le professeur Francisco Goycoolea de l’École des sciences de l’alimentation et de la nutrition à Leeds a déclaré : « la résistance aux antimicrobiens est l’un des plus grands défis auxquels le monde est confronté et on prévoit qu’elle causera plus de décès que le cancer d’ici l’an 2050, à moins que des mesures urgentes ne soient prises.
« Helicobacter pylori est un pathogène répandu dans le monde entier. On estime que jusqu’à 70% de la population mondiale est infectée par ce pathogène. Ces bactéries se cachent sous la couche de mucus gastrique où les antibiotiques ne pénètrent pas efficacement. Cela mène souvent à des infections récurrentes et donne lieu à des souches résistantes.
« De nouvelles approches intégrales sont nécessaires pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens et la recherche d’alternatives aux antibiotiques est vitale. Cette formulation innovante, composée de petites capsules avec des ingrédients naturels, pourrait offrir un nouveau moyen d’éradiquer un agent pathogène « superbactérien » le plus répandu dans le monde entier. »

Une nouvelle approche sans antibiotiques

Cette recherche, publiée dans la revue ACS Applied Bio Materials, a été réalisée in vitro – en utilisant des bactéries et des cellules de l’estomac en dehors du corps humain. Les nanocapsules sont chargées de curcumine – un composé naturel présent dans le curcuma qui possède des propriétés anti-inflammatoires et antitumorales bien documentées.
Ces capsules sont enrobées de lysozyme, une enzyme qui aide à prévenir les infections bactériennes, et d’une très faible concentration de sulfate de dextran, un polysaccharide hydrosoluble qui se lie aux récepteurs des bactéries et à la muqueuse qui recouvre l’estomac. Les nanoparticules sont regroupées à la dose requise et cette formulation empêche les bactéries d’adhérer aux cellules de l’estomac.
Le professeur Andreas Hensel de l’Institut de biologie pharmaceutique et de phytochimie de l’Université de Münster, et coauteur de l’étude, a déclaré : « les antibiotiques standard utilisés dans la pratique clinique actuelle sont des composés à action assez large, perturbant l’architecture des parois cellulaires, la formation de protéines et l’intégrité des membranes.

Des antibactériens agissant contre des facteurs de la virulence

« Une nouvelle génération d’antibactériens pourrait être basée sur des cibles moléculaires plus spécifiques aux bactéries, agissant probablement moins largement que les composés actuels, mais plus précisément contre des facteurs de la virulence spécifiques aux bactéries.
L’équipe a déposé un brevet basé sur cette formulation.
Source : University of Leeds
Crédit photo : Pixabay