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La dépression a toujours été liée à une inflammation accrue. Une recherche novatrice du psychologue Eiko Fried réfute cette hypothèse populaire. Il montre que des symptômes spécifiques de la dépression comme les troubles du sommeil expliquent cette relation.

La dépression ne serait pas liée à l’inflammation

Au cours des dernières décennies, de nombreuses études ont été menées sur la relation entre la dépression et l’inflammation dans le corps. Un certain nombre d’entre eux ont montré que les personnes souffrant de dépression ont des niveaux d’inflammation plus élevés dans leur sang et la conclusion était que l’inflammation pouvait être un biomarqueur potentiel pour le diagnostic de la dépression.

Certains symptômes ont plus d’impact

Fried et ses collègues ont découvert qu’il n’y avait pas de lien direct entre la dépression et l’inflammation. La dépression est un trouble très hétérogène avec de nombreux symptômes et, contrairement à la plupart des recherches antérieures, Fried a inclus 28 symptômes différents de dépression et un certain nombre de facteurs importants liés au mode de vie.
Certains symptômes spécifiques de la dépression semblent être liés à une augmentation de l’inflammation, explique Fried, comme les troubles du sommeil. De plus, l’obésité et un mode de vie malsain comme le tabagisme semblent être liés à une inflammation accrue. En d’autres termes, la dépression n’est liée à l’inflammation que chez les participants qui présentent des caractéristiques très spécifiques, et non en général. De plus, comme on le sait dans la littérature, l’inflammation est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes.

Analyses des réseaux

Cette étude souligne l’importance de la prise en compte des covariables, des facteurs qui peuvent influencer les résultats d’une étude. Pour cette recherche, Fried a utilisé la base de données de l’étude néerlandaise sur la dépression et l’anxiété, avec les données de plus de 2 300 personnes, sur l’ensemble du spectre de la dépression (de la dépression saine à la dépression grave). Il a pu déterminer la relation entre les symptômes individuels et l’inflammation à l’aide d’analyses de réseaux; il s’agissait de grands modèles statiques complexes qui viennent tout juste d’être introduits en psychologie.

Le battage médiatique sur les biomarqueurs

Ces résultats sont importants dans la discussion actuelle, dit Fried. Il y a un battage publicitaire pour trouver des biomarqueurs, des traces des troubles qui peuvent être mesurés dans le corps humain, comme le sang. Au cours des 30 dernières années, les scientifiques ont cherché des biomarqueurs de la dépression dans l’espoir de répondre à la question suivante : pouvons-nous également mesurer la dépression en analysant le sang d’une personne ?
Au lieu de procéder à des entrevues diagnostiques approfondies, les psychiatres pourraient alors tester le sang d’une personne. Mais aucun biomarqueur cliniquement utile n’a été trouvé jusqu’à présent, et l’un des espoirs restants – l’inflammation – a également été largement réfuté ». Fried ajoute que cette étude était en partie basée sur l’excellent mémoire de maîtrise de Sophia von Stockert.
Cette recherche a été publiée dans Psychological Medicine.
Source : Leiden University
Crédit photo : Pixabay