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Une nouvelle étude présentée à la conférence du National Cancer Research Institute (NCRI) à Glasgow affirme qu’une nouvelle analyse sanguine permet d’identifier le cancer du sein plusieurs années avant l’apparition des signes cliniques de la maladie. Ce test sanguin n’en est qu’à l’étape préliminaire de son développement, mais certains scientifiques sont sceptiques concernant les affirmations des chercheurs.

Scepticisme pour un nouveau test pour le cancer du sein

Cette recherche, qui n’a pas encore fait l’objet d’un examen par les pairs ni d’une publication, repose sur l’idée que les cellules cancéreuses produisent des protéines appelées antigènes associés aux tumeurs (TAAs). Le système immunitaire détecte ces TAAs et produit des auto-anticorps en réponse. Ce nouveau test sanguin suggère que le cancer du sein peut être détecté en identifiant la présence de ces auto-anticorps dans un échantillon de sang.
Au cours d’une première étude pilote, les chercheurs ont testé plusieurs panels de micro-réseaux conçus pour détecter des auto-anticorps spécifiques dans de petits échantillons de sang. En utilisant le sang de 90 patientes atteintes d’un cancer du sein, prélevé au moment du diagnostic, le panel de micro-réseaux le plus efficace a permis d’identifier le cancer dans 37 % des échantillons.
« Nous devons développer et valider davantage ce test », déclare Daniyah Alfattani, l’un des chercheurs qui présentent ces résultats. « Cependant, ces résultats sont encourageants et indiquent qu’il est possible de détecter un signal de cancer du sein précoce. Une fois que nous avons amélioré la précision du test, il est possible d’utiliser un simple test sanguin pour améliorer la détection précoce de la maladie. »

L’exactitude s’améliorera

L’analyse de sang est actuellement en cours de validation sur un grand échantillon de 800 patients et les chercheurs suggèrent que l’exactitude s’améliorera à mesure que davantage de sujets seront testés.
Les chercheurs affirment également que ce test sanguin pourrait hypothétiquement détecter le cancer du sein jusqu’à cinq ans avant l’apparition de signes cliniques, mais certains scientifiques sont sceptiques, notant que rien dans cette recherche n’indique qu’il s’agit d’un test de détection précoce utile.
« Il n’y a aucune donnée qui suggère que cette allégation pourrait être valide », dit Paul Pharaoh, un épidémiologiste du cancer de l’Université de Cambridge. « Les chercheurs ont évalué ce test sur 90 patientes atteintes du cancer du sein, mais ils ne semblent pas l’avoir testé sur des échantillons prélevés sur des patientes atteintes du cancer du sein cinq ans avant leur diagnostic – ce qui serait nécessaire pour justifier cette affirmation.

Des résultats faibles et imprécis

Jeremy Carlton, chercheur au King’s College de Londres, souligne également que les résultats rapportés dans cette recherche préliminaire sont si faibles que la fiabilité et la précision du test sont questionnables.
« Ce test n’a pas réussi à détecter le cancer chez 60 à 70 % des patientes dont on savait qu’elles étaient atteintes du cancer », dit Carlton. « Il est important de noter que ce test a également faussement rapporté des cas de cancer chez environ 20 % des patientes dont on sait qu’elles n’en sont pas atteintes. »
Il est certainement encore trop tôt pour faire une prise de sang, et de nombreuses questions demeurent sans réponse. Les chercheurs estiment que ce test pourrait être cliniquement disponible d’ici cinq ans si les travaux sont bien financés. Iain Frame, PDG du NCRI, reconnaît que cette recherche en est encore à ses débuts, mais affirme l’importance des méthodes de détection précoce pour les premiers stades du cancer du sein.

De futurs résultats attendus avec impatience

« Les résultats de cette étude pilote pour un test sanguin de dépistage précoce du cancer du sein sont prometteurs et s’appuient sur l’expertise de ce groupe de recherche dans d’autres cancers, comme le cancer du poumon », affirme M. Frame. « Ce ne sont évidemment que les premiers résultats d’un groupe restreint, mais nous attendons avec impatience les résultats d’un plus grand groupe de patientes qui font actuellement l’objet d’un examen. »
Cette nouvelle recherche a été présentée à la conférence de 2019 de NCRI Cancer à Glasgow.
Source : NCRI
Crédit photo : Pixabay

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