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Pour célébrer le 30e anniversaire de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, l’UNICEF a trouvé un moyen de veiller à ce que cet important document soit conservé pour le futur.

Stocker la Convention des Nations unies dans l’ADN

La Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant (CDE) a été adoptée à l’unanimité par l’assemblée générale des Nations unies le 20 novembre 1989. En 2019, ce document a été stocké dans de l’ADN synthétique. La capsule contenant l’ADN sera conservée dans l’un des endroits les plus sûrs du monde, dans le pergélisol de l’Arctic World Archive à Svalbard, en Norvège.
« La Convention relative aux droits de l’enfant est l’un des documents les plus importants au monde. Elle protège nos enfants et leurs droits et fera désormais partie de notre ADN organisationnel. La Convention relative aux droits de l’enfant est le premier document à être officiellement stocké dans l’ADN », déclare la directrice générale de l’UNICEF Norvège, Camilla Viken.

Pourquoi utiliser l’ADN ?

La plupart des documents, des photos, des vidéos et d’autres données sont stockés numériquement, y compris le CDE. Le problème avec le stockage numérique est que cette technologie devient rapidement obsolète ; les disquettes, les CD et même les clés USB en sont des exemples.
Aujourd’hui, nous stockons la plupart de nos données numériques dans « le nuage ». Malgré son nom, cela signifie que nous dépendons de disques durs physiques vulnérables aux pannes de courant, au piratage, à la guerre et aux catastrophes naturelles. Les scientifiques ont mis au point plusieurs méthodes qui permettent de stocker l’information dans le dispositif de stockage le plus ancien de la nature : l’ADN.
L’ADN est une molécule qui transporte l’information génétique dans toutes les créatures vivantes et qui fonctionne donc comme le disque dur de la nature. Dans ce cas, l’ADN synthétique a été utilisé pour stocker des informations numériques. « Aujourd’hui, il peut être plus facile de récupérer des informations à partir de restes préhistoriques qu’à partir d’un vieux téléphone portable.
Stocker des données numériques dans de l’ADN synthétique, c’est comme coder sur un ordinateur ordinaire ; c’est tout simplement un autre langage. C’est un peu comme traduire d’une langue à l’autre », explique Nick Goldman, chercheur à l’Institut Européen de Bioinformatique de l’EMBL (EMBL-EBI) à Cambridge, au Royaume-Uni.
Goldman est l’un des premiers scientifiques à avoir mis au point des méthodes de stockage de grandes quantités de données dans l’ADN et il est responsable du codage de la Convention dans un format basé sur l’ADN. Le document encodé a ensuite été synthétisé et séquencé par Twist Bioscience à San Francisco.
« Ce projet est un exemple éloquent de la façon dont nous sommes en mesure de réunir des technologies novatrices fondées sur la biologie pour protéger les enfants du monde entier et nous sommes honorés de participer à cet effort », déclare Emily M. Leproust, PDG et co-fondatrice de Twist Bioscience, et coauteure d’une des premières publications sur le stockage des données ADN.
L’ADN synthétique est placé ensuite dans de petites capsules en forme de pilules en acier inoxydable par Imagene SA à Pessac, en France : « nous sommes honorés de contribuer à ce projet grâce à notre technologie de préservation unique qui permet à la Convention relative aux droits de l’enfant de rester lisible et récupérable pendant des siècles et même des millénaires. », déclare Sophie Tuffet, PDG et co-fondatrice d’Imagene SA, et coauteure d’une des premières publications sur le stockage à température ambiante à long terme d’ADN.

Journée mondiale de l’enfant 2019

La Convention relative aux droits de l’enfant est stockée dans l’ADN par l’UNICEF pour en souligner l’importance et faire en sorte que son contenu soit disponible pour les générations à venir : « il y a des enfants dans le monde entier qui ont besoin de la protection qu’offre ce document. Nous encourageons tout le monde à se familiariser avec cette convention, aujourd’hui et à l’avenir « , déclare M. Viken.
À l’occasion de la journée mondiale de l’enfance, le 20 novembre, la Convention relative aux droits de l’enfant sera amenée à Svalbard, en Norvège, pour y être mise en lieu sûr.

Comment stocker des données numériques dans l’ADN

Pour encoder ce document dans des copies de stockage archivistiques dans DNA, les fichiers numériques ont d’abord été convertis à partir du code binaire en utilisant des 0 et des 1 de données numériques en séquences de A, C, T et G par EMBL-EBI. Twist Bioscience a ensuite synthétisé l’ADN en segments courts dans l’ordre indiqué. Les courts segments d’ADN contiennent chacun environ 20 octets de données ainsi qu’un numéro de séquence pour indiquer leur place dans la séquence globale.
Pour s’assurer que ce fichier est stocké avec précision, Twist relit la séquence pour s’assurer d’une précision de 100 %. Enfin, pour stocker ce document pour l’avenir, Imagene SA a placé des copies du document codé en l’ADN dans de petites capsules en acier inoxydable, scellées au laser sous atmosphère inerte, pour une conservation pouvant aller jusqu’à des milliers d’années.
Source : The European Bioinformatics Institute
Crédit photo : Pixabay