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Une étude fournit les premières preuves que l’utilisation d’anticorps est un traitement sûr, efficace et rapide contre les allergies alimentaires. Un tel traitement est absolument nécessaire. Des millions de personnes souffrent d’allergies alimentaires, qui peuvent survenir à tout moment de leur vie.

Un médicament contre l’allergie aux arachides

Le seul traitement existant, l’immunothérapie orale, exige des patients qu’ils mangent de minuscules doses de l’aliment qui déclenche leurs allergies alimentaires sous une surveillance médicale. La désensibilisation d’une personne à ses allergènes par immunothérapie orale prend de six mois à un an et peut causer des réactions allergiques en cours de route.
Mais il existe une meilleure solution. Le traitement par anticorps, appelé etokimab, interfère avec l’action de l’interleukine-33, une molécule de signalisation immunitaire. L’IL-33 déclenche une cascade de réponses immunitaires qui aboutissent à des réactions allergiques. Chez une personne allergique à l’arachide, le fait de manger cet aliment provoque l’activation d’un deuxième acteur immunitaire, l’immunoglobine E. Les IgE sont abondantes chez les personnes allergiques et font partie de divers aspects de la réaction allergique : des démangeaisons buccales, de l’urticaire, des difficultés respiratoires et un choc anaphylactique, qui peuvent être fatals.
L’etokimab agit en ciblant une protéine de signalisation immunitaire appelée IL-33, qui incite les cellules immunitaires de l’organisme à se rendre sur le site d’une blessure. Mais une trop grande activité sur une partie de la protéine IL-33 peut provoquer une activation accrue des cellules immunitaires, entraînant différentes maladies auto-immunes, dont l’asthme, l’eczéma et diverses réactions allergiques.

Un test avec 20 sujets

Les scientifiques de l’Université de Stanford ont entrepris d’explorer son potentiel dans le traitement des allergies aux arachides, qui avait été évoqué dans d’autres essais l’année dernière. L’équipe a recruté 20 adultes souffrant d’une grave allergie aux arachides et en a traité 15 par une seule injection d’etokimab, tandis que les cinq autres ont reçu un placebo.
Quinze jours après l’injection, le groupe a reçu une petite quantité de protéines d’arachide. Onze des 15 receveurs d’etokimab ont consommé la protéine sans réaction allergique, alors qu’aucun des sujets du groupe placebo n’a pu le faire. Après 45 jours, sept des receveurs d’etokimab ont de nouveau reçu la protéine, et quatre d’entre eux n’ont présenté aucune réaction, tandis que le groupe placebo a de nouveau été incapable de la consommer.
« Nous avons été surpris de voir combien de temps les effets du traitement ont duré », dit Kari Nadeau, auteure principale de cette étude. Il s’agit évidemment d’un petit échantillon, mais il y a des signes prometteurs. À partir de là, l’équipe prépare une étude plus vaste avec plus de sujets. Il s’agira notamment de rechercher certains biomarqueurs qui pourraient révéler les personnes les plus susceptibles de bénéficier de ce traitement, dans l’espoir que l’etokimab pourrait s’avérer prometteur dans le traitement d’une large gamme d’allergies alimentaires.

Ce médicament pourrait traiter plusieurs sortes d’allergies

« Bien que nous en soyons encore à l’étape expérimentale, nous avons l’espoir de tester ce médicament qui ne sera pas destiné à une seule allergie alimentaire, mais à plusieurs, et à d’autres maladies allergiques également », dit Kari Nadeau, auteur principal.
Cette recherche a été publiée dans JCI Insight.
Source : Stanford University
Crédit photo : Pixabay