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Les humains ont évolué pour prospérer ici sur Terre. Ainsi, dès que vous nous éloignez de cet environnement, toutes sortes de problèmes de santé se posent. Des chercheurs de l’Université de Californie, Riverside et San Diego ont maintenant trouvé la preuve d’un nouveau problème. Les simulations en microgravité montrent que nos intestins peuvent «fuiter» après un passage dans l’espace, ce qui augmente les risques d’infections et de maladies pendant des semaines.

Les intestins peuvent « fuiter »

Le système digestif humain est un endroit assez extrême. Non seulement il est rempli d’acide venant de l’estomac qui dissoudrait les aliments que nous mangeons, mais il contient un vaste écosystème de micro-organismes pouvant causer des infections dangereuses s’ils s’échappent dans d’autres parties du corps.
Pour nous garder en sécurité, nos intestins sont tapissés de cellules épithéliales qui forment une barrière imperméable contre les bactéries et autres parasites. Au moins, il est censé être imperméable. Parfois, il est affaibli par la maladie ou un régime alimentaire médiocre. Cela peut à son tour causer des maladies chroniques comme le diabète de type 1, des maladies inflammatoires de l’intestin et des maladies du foie.

La microgravité peut provoquer plusieurs maladies

Pour cette nouvelle étude, l’équipe souhaitait déterminer si la microgravité de l’espace affectait cette barrière intestinale. Des études ont déjà montré que, grâce à une gravité faible et à des radiations élevées, les voyages dans l’espace pouvaient potentiellement affaiblir les os et les muscles des astronautes, provoquer des symptômes de démence, augmenter les risques de maladies cardiovasculaires et même de modifier l’expression des gènes.
Pour étudier les effets de la microgravité sur l’intestin, les chercheurs ont cultivé des cellules épithéliales intestinales dans un bioréacteur à rotation rapide, afin de simuler les effets de la microgravité. Après 18 jours dans cet environnement, l’équipe a arrêté la rotation et a examiné les cellules.
Elle a alors constaté que la formation de «jonctions serrées» dans ces cellules épithéliales retardait la formation de cellules individuelles. Avec ces connexions affaiblies, la paroi devient perméable ce qui a été démontré en les exposant à de l’acétaldéhyde. On sait que ce métabolite de l’alcool affaiblit la barrière de l’intestin et les cellules en microgravité ont eu plus de mal à se débarrasser de ces effets.

Ce défaut persiste pendant 14 jours

«Notre étude montre pour la première fois qu’un environnement de microgravité empêche les cellules épithéliales de résister aux effets d’un agent qui affaiblit la barrière de ces cellules», déclare Declan McCole, chercheur principal de cette étude. «Il est important de noter que nous avons observé que ce défaut persistait jusqu’à 14 jours après le retrait des cellules dans l’environnement de microgravité.»
L’équipe affirme que ces résultats pourraient avoir des conséquences sur la santé des astronautes dans l’espace et même après leur retour sur Terre. Malheureusement, les intestins semblent particulièrement problématiques – une autre étude récente sur des souris a révélé que les radiations cosmiques pouvaient affecter la capacité des cellules intestinales à absorber les nutriments et augmenter le risque de cancer. Dans l’ensemble, il semble que les voyages dans l’espace affectent lourdement le corps humain.
Cette recherche a été publiée dans Scientific Reports.
Source : University of California Riverside
Crédit photo : Pixabay