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Une étude conjointe de la NASA et du Centre National d’Éudes Spatiales (CNES) a utilisé des lasers pour produire la première étude globale de la grande migration des petits animaux marins qui a lieu deux fois par jour. À l’aide du satellite CALIPSO (Cloud-Aerosol Lidar and Infrared Pathfinder Satellite Observations) lancé en 2006, cette étude décennale sans précédent pourrait fournir de nouvelles informations sur le climat terrestre.

Étudier la migration des petits animaux marins 

Quand nous pensons aux migrations des animaux, nous pensons généralement à des troupeaux de gnous africains ou à des troupeaux d’oies à la recherche de climats plus chauds à l’approche de l’hiver, mais cela se produit que quelques fois par an et celle des animaux marins est beaucoup plus vaste.

Deux fois par jour, quand le Soleil se lève et se couche, il y a un d’énormes mouvements venant de ces animaux dans la mer. Appelée migration verticale de Diel (MVS), c’est la plus importante migration connue en matière de nombre et de biomasse. D’énormes bancs de nombreuses espèces, dont le krill, les bébés calmars, les larves de crabes et les petits poissons participent au MVC, mais nous ne le remarquons pas en règle générale parce que ces animaux sont minuscules.

En termes simples, la nuit, ces animaux, appelés collectivement zooplancton, s’élèvent près de la surface pour se nourrir de ces minuscules plantes, appelées phytoplancton. Au retour du jour, ces zooplanctons replongent dans les profondeurs pour se cacher des prédateurs dans les eaux des océans.

Ce mouvement gigantesque revêt une grande importance dans un grand nombre de régions, c’est la raison pour laquelle la NASA et le CNES ont utilisé le laser LIDAR (Light Detection and Ranging) du satellite CALIPSO de 2008 à 2017 pour pénétrer dans les 20 premiers mètres de l’océan pour détecter et étudier ces petits animaux à une échelle mondiale.

Une couverture mondiale sans précédent

« Ce que le lidar fait depuis l’espace nous a permis de cartographier cette migration à l’échelle mondiale tous les 16 jours pendant 10 ans », explique Mike Behrenfeld, responsable de cette étude, chercheur scientifique principal et professeur à l’Oregon State University à Corvallis, Oregon. « Nous n’avons jamais eu une telle couverture mondiale pour nous permettre d’observer ce comportement, cette distribution et cette abondance d’animaux. »

Les raisons d’étudier le MVC sont nombreuses. Depuis des décennies, des flottes du monde entier veulent en apprendre davantage sur cette couche d’animaux migrateurs parce qu’elle est très bruyante et réfléchit les signaux sonores, ce qui en fait un endroit idéal pour cacher des sous-marins. De plus, les zooplanctons sont l’une des principales sources de nourriture pour les gros poissons, et plus le signal DVM est grand, plus il indique les zones qui peuvent soutenir des stocks de poissons plus importants.

Mieux comprendre le cycle du carbone de la Terre 

La DVM est également et surtout importante en matière de climatologie. Comme le phytoplancton utilise la photosynthèse, il capture une grande quantité de dioxyde de carbone. Lorsque le zooplancton les mange, ils transportent ce carbone dans les profondeurs de l’océan, où il peut être piégé lorsque l’animal défèque ou meurt. Ce résultat pourrait être un facteur important dans la compréhension du cycle du carbone de la Terre et de son incidence sur les modèles climatiques.

« Ce que ces modélisateurs n’ont pas eu, c’est un ensemble de données mondiales pour calibrer leurs modèles, pour leur dire où ces migrateurs sont les plus importants, où ils sont les plus abondants et comment ils changent au fil du temps », dit Behrenfeld. « Ces nouvelles données satellitaires nous donneront l’occasion de combiner les observations satellitaires avec nos modèles et ainsi mieux quantifier l’impact de cette énorme migration sur le cycle du carbone de la Terre.

Cette recherche a été publiée dans Nature.

Source : NASA
Crédit photo : Pixabay