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Plusieurs grands-mères humaines aiment gâter leurs petits-enfants avec de l’attention et des gâteries, et pour de bonnes raisons : des études ont montré que le fait d’avoir une grand-mère vivante augmentait les chances de survie d’un enfant.

Les grands-mères jouent un rôle important chez les orques

Maintenant, de nouvelles recherches montrent que c’est peut-être la même chose pour les orques. En fournissant aux jeunes animaux un peu de saumon fraîchement pêché de temps à autre – ou peut-être en leur indiquant où le trouver – ces grand-mamans augmentent les chances de survie de leurs petits-enfants.
Cette nouvelle étude est la première preuve directe chez les animaux non humains de l’hypothèse de la « grand-mère ». Cette idée postule que les femelles de certaines espèces vivent longtemps après avoir cessé de se reproduire pour s’occuper davantage de leurs petits-enfants.
« C’est très intéressant que ces cétacés ayant une longue vie aient ce qui ressemble à un stade de vie postfertile », dit Kristen Hawkes, anthropologue à l’Université de l’Utah à Salt Lake City qui a consacré une grande partie de sa carrière à étudier l’effet grand-mère.
Dan Franks, informaticien et biologiste à l’Université de York au Royaume-Uni, voulait savoir si cet effet de grand-mère se produit également chez d’autres espèces. Franks et ses collègues ont analysé les données sur la survie de deux groupes d’épaulards au large des côtes de l’État de Washington et de la Colombie-Britannique, au Canada, qui sont étudiés depuis des décennies. Ils ont utilisé des caméras sous-marines qui permettent aux scientifiques d’identifier les baleines par leurs marques distinctives et de les suivre à mesure qu’elles vieillissent.

Sans les grands-mères les jeunes courent 4,5 fois plus de risques de mourir

Parmi les 700 baleines observées, Franks a pu en trouver 378 avec des grands-mères maternelles. Son équipe a analysé leurs taux de survie, en s’assurant de contrôler l’approvisionnement alimentaire. Lorsqu’une grand-mère meurt, ses petits-enfants courent 4,5 fois plus de risques de mourir au cours des deux années suivantes que les autres baleines de leur communauté, rapportent les chercheurs dans PNAS.
Les grands-mères ont donné un coup de pouce supplémentaire à leurs petits-enfants dans « les moments difficiles », dit Franks. Cela comprenait lorsque les populations de saumons étaient faibles. C’est probablement parce qu’ils ont soit partagé leurs prises avec les enfants, soit aidé la collectivité à trouver des ressources alimentaires en se basant sur leurs souvenirs de l’année écoulée, ou les deux.

Repenser l’évolution de la ménopause chez l’humain

« Chez les épaulards, ce que la grand-mère sait est vraiment, vraiment important », dit Hal Whitehead, biologiste à l’Université Dalhousie à Halifax, Canada, qui a étudié la structure sociale des épaulards mais n’a pas participé à cette nouvelle étude. Cette nouvelle étude s’appuie sur des données « particulièrement pertinentes », explique M. Whitehead. C’est « non seulement une révélation sur les épaulards , dit-il, « mais c’est aussi une façon de repenser l’évolution de la ménopause chez l’humain ».
Source : Science
Crédit photo : Pixabay