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Les scientifiques du Salk Institute for Biological Studies se penchent sur la façon exacte dont deux nouveaux médicaments expérimentaux contre la maladie d’Alzheimer pourraient produire les effets anti-âge observés dans les premières études animales.

Des médicaments contre l’Alzheimer avec un effet anti-âge 

La découverte d’une voie métabolique unique, associée à la fois au vieillissement général et à l’apparition de la démence, offre aux chercheurs de nouvelles orientations pour leurs futures études sur l’anti-âge. Les chercheurs de Salk développent depuis plusieurs années deux médicaments expérimentaux dans le but d’améliorer la cognition et de ralentir le déclin neurodégénératif associé à la maladie d’Alzheimer.
Appelés CMS121 et J147, ces médicaments ont permis de ralentir efficacement la progression de la maladie d’Alzheimer dans les premiers essais sur les animaux. Cependant, ces composés semblaient également montrer des signes de ralentissement des marqueurs généraux du vieillissement cérébral.
Au fur et à mesure que ces deux médicaments font l’objet d’essais chez l’humain, les chercheurs s’efforcent de découvrir exactement quels mécanismes moléculaires sont en jeu pour expliquer leur fonctionnement. Un mécanisme potentiel a été découvert au début de 2018, mais ce n’était qu’une partie de l’histoire. L’équipe de Salk a maintenant découvert une nouvelle voie moléculaire passionnante, influencée par ces deux médicaments, qui pourrait expliquer comment ils ralentissent le vieillissement du cerveau.
Pour cette nouvelle recherche les chercheurs ont administré ces deux médicaments expérimentaux à une souche de souris conçues pour vieillir à un rythme plus rapide que la normale. Ces médicaments ont été administrés aux animaux à l’âge de neuf mois, ce qui équivaut à entre 55 et 65 ans chez l’homme.

Ces médicaments font augmenté les niveaux d’acétyl-coenzyme A

Comparativement à un groupe témoin, les souris traitées présentaient des taux plus lents de déclin cognitif lié à l’âge ainsi qu’un certain nombre de signes moléculaires indiquant que ces médicaments avaient protégé le cerveau contre la dégénérescence liée au vieillissement. Le mécanisme le plus spécifique identifié dans cette nouvelle recherche était une augmentation des niveaux d’acétyl-coenzyme A (acétyl-coA), un produit chimique qui confère des effets neuroprotecteurs mais en préservant l’homéostasie mitochondriale.
En faisant une analyse de cette voie moléculaire particulière dans leurs études sur les cellules du cerveau, les chercheurs ont découvert que ces changements moléculaires liés à l’âge pourraient être évités en maintenant les taux d’acétyl-coA.
« Il y avait déjà des données provenant d’études chez l’humain selon lesquelles la fonction des mitochondries est affectée négativement par le vieillissement et qu’elle est pire dans le contexte de la maladie d’Alzheimer », explique Pamela Maher, coauteure correspondante dans cette nouvelle étude. « Cela aide à solidifier ce lien. »

De nouvelles piste contre le vieillissement

Les médicaments CMS121 et J147 entrent tous deux en phase d’essai sur l’homme. Le J147 est le plus avancé, les essais de phase 1 commençant en 2019 pour tester son profil d’innocuité chez des sujets jeunes et âgés, en santé. Bien que la cible initiale de ces composés soit la maladie d’Alzheimer, les connaissances sur la façon dont ces médicaments influencent les voies anti-âge éclaireront leur potentiel dans le traitement d’un large éventail de maladies dégénératives liées au vieillissement.
Le chemin à parcourir avant que ces composés expérimentaux atteignent le grand public est certainement long, mais la découverte de ces voies métaboliques liées à l’âge offre aux scientifiques de nouvelles pistes de recherche intéressantes, non seulement pour le traitement de la maladie d’Alzheimer et de la démence, mais aussi dans la recherche de médicaments contre le vieillissement.
Cette étude a été publiée dans la revue eLife.
Source : Salk Institute
Crédit photo : Pixabay (montage)