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Des chercheurs ont démontré qu’un médicament utilisé pour la transplantation d’organes ayant des propriétés anti-âge rajeunissait la santé buccodentaire des vieilles souris. Ce médicament, appelé rapamycine, a régénéré l’os dans lequel les dents sont incrustées, restauré le microbiome de la bouche à un état plus jeune et réduit l’inflammation.

Un médicament rajeunit la santé buccodentaire

C’est la première fois qu’il a été démontré qu’un traitement rajeunissait la santé bucco-dentaire, affirme Matt Kaeberlein, chef d’équipe à l’Université de Washington à Seattle. « Nous pouvions voir des endroits où de nouveaux os poussaient autour des dents. »
Les deux tiers des personnes âgées souffrent de maladies des gencives et aucun traitement existant n’inverse ce processus, dit Kaeberlein. De plus, les maladies des gencives sont liées à un risque accru d’autres affections, notamment la démence, le diabète et les maladies du cœur.
Certains chercheurs pensent que les maladies des gencives sont la cause de la maladie d’Alzheimer, comme nous l’avons signalé plus tôt cette année. Cela suggère que le rétablissement de la santé bucco-dentaire pourrait avoir des avantages beaucoup plus importants. « Il est clair pour moi que cela pourrait être extrêmement important », dit Kaeberlein.
Mais il n’est pas clair si la rapamycine a le même effet chez les humains. Même si c’est le cas, ce médicament peut avoir de nombreux effets secondaires indésirables. Par exemple, il supprime le système immunitaire, c’est la raison pour laquelle son utilisation principale est d’empêcher le rejet d’organes transplantés.

La rapamycine peut également prolonger la vie de plusieurs animaux

La rapamycine a également suscité de l’intérêt pour ses effets anti-âge : elle peut prolonger la vie de plusieurs animaux, dont les souris et les mouches des fruits, d’environ 10 %. Kaeberlein a commencé à étudier son effet sur la bouche lorsque Jonathan An, qui avait déjà étudié la dentisterie, s’est joint à son équipe.
Les chercheurs ont découvert que les souris ayant reçu de la rapamycine durant toute leur vie avaient plus d’os autour des dents. Ils ont donc donné à des souris âgées de 20 mois – des souris âgées pour des humains – de la nourriture avec de la rapamycine ajoutée pendant huit semaines, et ont comparé leur santé buccodentaire à celle de souris n’ayant pas reçu ce médicament.
L’équipe a constaté une croissance osseuse dans la bouche des souris, ainsi qu’un déclin des bactéries associées aux maladies qui deviennent plus fréquentes chez les animaux plus âgés. Il s’agit notamment de Porphyromonas gingivalis, qui est une cause soupçonnée de la maladie d’Alzheimer.
Ces résultats sont fascinants, dit João Pedro de Magalhães, de l’Université de Liverpool, Royaume-Uni. « La grande question est de savoir si cela pourrait avoir le même effet chez les humains, dit-il. Plusieurs groupes créent des variantes de la rapamycine qui sont conçues pour minimiser les effets indésirables, et certains sont à l’essai chez des personnes et il est possible que ces médicaments aient les mêmes effets bénéfiques sur la santé buccodentaire que ceux observés chez la souris.

Une dose inférieure pourrait minimiser les effets secondaires

Kaeberlein effectue une autre étude chez la souris pour déterminer si l’application de la rapamycine uniquement sur la bouche, plutôt que sur le corps entier, a le même effet. Il espère aussi faire un essai sur des humains. L’utilisation d’une dose inférieure à celle administrée aux personnes ayant subi une transplantation d’organes pourrait minimiser les effets secondaires, dit-il.
Cette recherche a été prépubliée dans bioXriv.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay