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L’administration du vaccin contre la tuberculose par les veines plutôt que dans la peau peut augmenter considérablement sa puissance et pourrait changer la donne dans l’éradication de cette maladie.

Injecter le vaccin contre la TB dans une veine est plus efficace

La tuberculose (TB) est la principale cause de décès par infection dans le monde, tuant 1,5 million de personnes chaque année. Mais le vaccin BCG, qui existe depuis 80 ans et qui est administré à la naissance ou au début de la vie, n’est pas très efficace contre les infections tuberculeuses par les poumons à mesure que les gens vieillissent.
Robert Seder, du National Institute of Allergy and Infectious Diseases du Maryland, et ses collègues ont découvert que cela pourrait être dû à la façon dont le vaccin est administré. L’approche standard consiste à l’injecter dans la peau. Mais il est beaucoup plus efficace lorsqu’il est administré directement dans une veine.
Neuf des dix singes qui ont reçu ce vaccin par voie intraveineuse ont été protégés de la maladie lorsqu’ils y ont été exposés six mois plus tard. Seuls deux singes sur dix ayant reçu le vaccin par voie cutanée ont été protégés. Les singes ayant reçu le vaccin par les veines ont également présenté des taux beaucoup plus élevés de lymphocytes T dans leurs poumons – un élément-clé de la protection du système immunitaire contre la tuberculose.

Les lymphocytes T dans les poumons

La raison de cette différence semble s’expliquer par le fait que l’administration du vaccin BCG dans la peau génère des lymphocytes T localement, et que seuls certains d’entre eux circulent vers les poumons où ils peuvent combattre une infection tuberculeuse. La voie intraveineuse permet au vaccin de pénétrer dans les ganglions lymphatiques autour du corps, ainsi que dans la rate et les poumons, où il génère des lymphocytes T au site de l’infection.
Les tests chez l’homme pourraient être interrompus pendant environ 18 mois, dit le Dr Seder. Il reste des problèmes à régler – par exemple, il pourrait être difficile d’organiser un programme d’inoculation de masse permettant d’administrer un vaccin directement dans les veines. Il y a aussi des considérations de sécurité. « Cela pourrait changer la donne si nous montrions que nous pouvons l’administrer en toute sécurité », dit Seder.
Punam Mangtani, de la London School of Hygiene & Tropical Medicine, estime que ce travail est une « preuve de concept très intéressante » et pourrait marquer un « changement de cap » dans la recherche contre cette maladie. Toutefois, elle prévient que la réaction pourrait être différente chez les gens et que la sécurité sera la clé de la réussite de cette méthode.

Une approche intéressante mais il faut demeurer prudent

Helen McShane, de l’Université d’Oxford, affirme que ces résultats, qui s’appuient sur une étude menée dans les années 1970 et une autre en 2016, sont passionnants. Mais elle est prudente quant aux perspectives d’une utilisation courante chez les gens.
D’une part, les tests sur les singes ne montrent pas quelle protection un vaccin intraveineux BGC donnerait à l’adolescence, en plus du BCG habituellement administré à la naissance, parce que les singes ne l’ont pas reçu à la naissance. Elle note aussi d’autres défis possibles, notamment que les endroits où la tuberculose est endémique, il y a des taux élevés de VIH, ce qui signifie que les gens peuvent craindre l’injection intraveineuse.
Cette recherche a été publiée dans Nature.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay