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De nouvelles recherches convaincantes mettent à nouveau en évidence le rôle du microbiome et des bactéries intestinales dans la progression de la maladie de Parkinson. Une étude décrit comment une bactérie probiotique particulière peut avoir la capacité de prévenir l’accumulation anormale d’une protéine associée aux dommages neurologiques observés dans cette maladie.

Un lien entre le microbiome et la maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson est caractérisée par la mort cellulaire progressive des neurones du cerveau qui sécrètent la dopamine. On croit qu’elle est causée par l’agrégation d’amas sphériques mal repliés de la protéine alpha-synucléine. Ces agrégats de protéines toxiques sont souvent appelés corps de Lewy.
Au cours des deux dernières décennies, certains chercheurs ont commencé à trouver des preuves suggérant que la maladie de Parkinson pourrait provenir de l’intestin. L’idée est connue sous le nom d’hypothèse de Braak, et elle postule que les corps de Lewy nuisibles pourraient initialement se former dans l’intestin, avant de se propager au cerveau et de générer les symptômes physiologiques que nous voyons couramment dans la maladie de Parkinson.
Inspirée par cette hypothèse, une équipe de chercheurs des universités d’Édimbourg et de Dundee a entrepris d’étudier si une espèce particulière de bactéries intestinales pourrait inhiber, même inverser, l’accumulation de ces amas d’alpha-synucléines.

Bacillus subtilis est très efficace pour inhiber l’agrégation des alpha-synucléines

Les chercheurs ont examiné l’effet d’un certain nombre de probiotiques couramment disponibles sur l’agrégation des alpha-synucléines chez une espèce de vers ronds qui s’était révélée être un modèle animal efficace pour la maladie de Parkinson. Une bactérie probiotique particulière, appelée Bacillus subtilis, s’est avérée très efficace non seulement pour inhiber l’agrégation des alpha-synucléines, mais aussi pour renverser les accumulations de ces agrégations.
En étudiant la façon exacte dont Bacillus subtilis générait ces effets, les chercheurs ont découvert plusieurs nouveaux mécanismes, dont la libération de certains métabolites bactériens et la formation d’un biofilm dans l’intestin du ver.
Les chercheurs soulignent que ces résultats ne suggèrent pas que les patients atteints de la maladie de Parkinson partent immédiatement à la recherche de ce probiotique. D’autres travaux sont nécessaires pour vérifier d’abord ces résultats dans d’autres modèles animaux, avant que des études humaines puissent établir si ce mécanisme produit des effets cliniquement significatifs chez les humains.

Procéder à des essais cliniques

« Ces résultats permettent d’étudier comment la modification des bactéries qui composent le microbiome de notre intestin affecte la maladie de Parkinson », explique Maria Doitsidou, chercheuse principale de cette étude. « Les prochaines étapes consisteront à confirmer ces résultats chez la souris, puis à procéder à des essais cliniques accélérés puisque le probiotique que nous avons testé est déjà disponible sur le marché ».
Une intervention à base de probiotiques, ou de régimes alimentaires, pour traiter la maladie de Parkinson est certainement un résultat potentiel de cette nouvelle recherche. Toutefois, une orientation tout aussi prometteuse pour les études futures consiste à explorer comment ces métabolites bactériens sont capables de prévenir ou d’éliminer les corps de Lewy et si des pharmacothérapies peuvent être mises au point pour amplifier ce processus chez les humains.
Cette recherche a été publiée dans Cell Reports.
Source : Parkinson’s UK
Crédit photo : Pixabay