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Les souris possèdent des dizaines de milliers de cellules nasales à détection chimique qui peuvent provoquer une réaction allergique. Les chercheurs affirment que cette découverte pourrait nous aider à comprendre comment le système immunitaire réagit aux allergènes inhalés et pourquoi certaines personnes allergiques perdent leur odorat.

Des cellules nasales provoquent des réactions allergiques

Nous savons que chez les humains et les souris, l’inhalation d’allergènes tels que les excréments d’acariens, de la poussière de maison ou de la moisissure peut causer de l’inflammation dans le nez. Cela déclenche une autre réaction allergique, provoquée par les cellules immunitaires, mais nous ne comprenons pas entièrement ce processus.
Pour tenter d’en savoir plus, une équipe de l’Université Harvard a isolé des cellules du nez de souris et les a classées en différents types selon leur forme, leur taille et les protéines spécifiques qu’elles présentaient à leur surface.
Ce faisant, ils ont identifié les cellules de détection chimique qui réagissent aux allergènes présents dans l’air peu après leur inhalation. Ces cellules commencent à libérer des molécules qui causent de l’inflammation dans le nez avant même que les cellules immunitaires soient arrivés au nez dans la circulation sanguine.
Les cellules de détection chimique dans le nez libèrent des « cargaisons » de molécules inflammatoires, explique Lora Bankova, qui a dirigé ces travaux. Ce sont ces mêmes molécules qui sont à l’origine des maladies allergiques comme l’asthme, et elles ne sont généralement produites que par les cellules immunitaires.
Des cellules similaires à celles du nez ont été trouvées dans les voies respiratoires inférieures et dans l’intestin chez les souris et les humains, mais on pensait qu’elles étaient extrêmement rares. Mme Bankova dit qu’elle a été surprise de découvrir qu’il y a de 20 000 à 30 000 de ces cellules du nez chez les souris. Il existe des cellules de détection chimique équivalentes dans le nez humain, dit Mme Bankova, mais nous ne savons pas si elles ont une fonction similaire.

Ces cellules se trouvent dans la partie du nez impliquée dans l’odorat

Ces cellules sont également surprenantes parce qu’elles se trouvent surtout dans la partie du nez impliquée dans l’odorat, dit Mme Bankova, dont on ne pensait pas auparavant qu’elle jouait un rôle dans les réactions allergiques. Cela pourrait expliquer pourquoi certaines personnes souffrant d’allergies chroniques perdent leur odorat, explique Mme Bankova.
« C’est peut-être parce qu’il y a tellement d’inflammation dans cette zone que nous ne l’avions pas encore reconnue », dit-elle. En plus de détecter les allergènes, ces cellules peuvent aussi détecter les microbes envahissants comme le virus du rhume, dit Mme Bankova. Une meilleure compréhension de ces cellules pourrait mener à de nouveaux traitements contre les allergies, explique Emmanuelle Sidot, de l’Université d’Oxford.
Cette recherche a été publiée dans Science Immunology.
Source : New Scientist
Crédit photo : pixabay