nerfs-tranchés-réparés-chez-le-singe-par-des-tubes-de-protéines-de-croissance
Les nerfs endommagés par une blessure peuvent repousser à l’aide d’un tube de polymère rempli d’une protéine de croissance. Cette nouvelle technique pourrait aider les fibres nerveuses à se régénérer à travers de larges espaces, limitant ainsi la perte de sensation ou de mouvement.

Réparer des nerfs endommagés

Lorsqu’un nerf est endommagé, il peut être écrasé par la pression exercée ou entièrement sectionné. Si l’écrasement est important – lorsque les fibres nerveuses et la couche protectrice appelée gaine de myéline sont toutes deux endommagées – les chirurgiens peuvent devoir retirer cette partie du nerf, en laissant un espace entre les deux extrémités.
Actuellement, des tubes vides peuvent être utilisés pour relier les extrémités des petits nerfs sectionnés. Chaque extrémité est cousue chirurgicalement au tube pour les guider l’une vers l’autre au fur et à mesure que les fibres nerveuses se régénèrent et se reconnectent.
Mais cette approche ne fonctionne pas pour les trous de plus de trois centimètres de long. C’est comme conduire une voiture dans un tunnel sans phares, explique Kacey Marra, de l’université de Pittsburgh en Pennsylvanie.
Vous finirez par vous arrêter et faire demi-tour, et c’est à peu près ce que font vos nerfs – s’ils n’ont aucune façon pour se guider au bout de ce tunnel, si c’est trop loin et trop « sombre », ils ne repousseront pas », dit-elle.

La protéine GDNF stimule la croissance des cellules nerveuses

Pour contourner ce problème, elle et ses collègues ont utilisé une protéine appelée GDNF qui stimule la croissance des cellules nerveuses. C’est comme si on allumait à nouveau les phares, dit Marra. La GDNF fonctionne en recrutant des cellules pour construire la gaine de myéline, qui est essentielle à la transmission des impulsions électriques.
L’équipe a testé le bon fonctionnement de ce guide nerveux synthétique chez 12 macaques rhésus. Chaque singe s’est vu retirer chirurgicalement cinq centimètres de son nerf médian – le nerf principal de l’avant-bras qui contrôle les mouvements de la main – de sorte qu’il ne pouvait plus saisir un morceau de sucre qu’il avait été entraîné à récupérer.
Quatre macaques ont été implantés avec ce guide, qui libère progressivement de la GDNF des pores microscopiques pendant 50 jours, et quatre ont reçu des tubes vides ordinaires.

Les singes avaient retrouvé 75 % de leurs mouvements des mains

Au bout de quatre ans, les macaques ont été testés sur leur capacité à pincer. Ceux qui avaient le guide GDNF avaient récupéré en moyenne 75 % de leurs mouvements des mains, contre 45 % pour les guides sans GDNF. Les scanners ont confirmé que les couches externes des nerfs s’étaient régénérées, mais Marra et son équipe disent que les tests de pincement sont peut-être trop simples pour évaluer la récupération complète des fonctions motrices.
Quatre des macaques ont reçu des greffes de nerfs, ce qui est le traitement standard pour réparer les longs espaces entre les nerfs. Il s’agit de prélever un nerf d’un donneur, généralement dans la jambe de l’individu, pour remplacer celui qui est endommagé. Alors que les macaques ayant reçu une greffe de nerf ont retrouvé 77 % de leurs mouvements des mains, cette procédure risque de provoquer une perte permanente de sensation au niveau du site donneur.

D’autres essais cliniques sont nécessaires

Ce nouveau type de guide est « un bon pas en avant », déclare Kirsten Haastert-Talini, de l’université de Hanovre en Allemagne. Bien que les résultats soient prometteurs, un essai clinique chez l’homme est nécessaire pour déterminer si cette technique pourrait être utilisée dans les hôpitaux, dit-elle.
Cette recherche a été publiée dans Science Translational Medicine.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay