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Des oiseaux munis de capteurs radar ont été utilisés pour surveiller les bateaux de pêche, révélant qu’un quart des navires dans l’océan Indien opèrent illégalement.

Utiliser des albatros contre la pêche illégale

Au niveau mondial, la pêche illégale est estimée à 2 milliards de dollars US par an, mais la surveillance par satellite peut être coûteuse, parfois lente et peut rater plusieurs bateaux. Une équipe internationale a décidé de faire voler une alternative pionnière : attacher des capteurs à 169 albatros et les relâcher dans le Sud de l’océan Indien.
Ces oiseaux peuvent parcourir de vastes distances, sont naturellement attirés par les bateaux de pêche et disposent de capteurs capables de capter l’utilisation du radar des bateaux à une trentaine de kilomètres de distance.
Entre décembre 2018 et juin 2019, ils ont détecté un total de 353 bateaux de pêche dans la région. Parmi ceux opérant dans les zones économiques exclusives (ZEE) des pays, où les navires doivent déclarer leur activité de pêche, 25,8 % ont vu leur « système d’identification automatique » désactivé. Un tel comportement est souvent le signe d’une pêche illégale.
Dans les eaux internationales, la pêche n’est pas illégale mais doit être déclarée. Les albatros y ont trouvé que 36,9 % des navires avaient le système désactivé. Selon Henri Weimerskirch, du Centre national de la recherche scientifique français, le succès de ce projet montre qu’il s’agit d’une forme de surveillance bon marché qui pourrait compléter la surveillance par satellite. « Nous avons montré que c’est possible », dit-il.

Les satellites de prochaine remplaceront ces oiseaux 

Ces oiseaux pourraient même être utilisés dans le cadre d’efforts d’application de la loi en collaboration avec les marines, car ils transmettent les données en temps réel, dit-il. Mais les diriger pour qu’ils surveillent certaines zones nécessiterait des connaissances spécialisées de la part des ornithologues. Et l’amélioration des satellites pourrait supprimer le besoin d’utiliser ces oiseaux.
John Amos, de SkyTruth en Virginie-Occidentale, qui utilise les satellites pour la protection de l’environnement, déclare : « heureusement pour nous, et pour les albatros, nous n’aurons bientôt plus besoin de compter sur ces animaux pour faire notre travail de collecte de données à notre place. Les technologies orbitales s’améliorent rapidement et ferment progressivement la porte aux opérateurs louches dans l’océan ».
Il travaille avec le projet Global Fishing Watch pour utiliser les images radar des satellites afin de détecter les navires qui ne diffusent pas leur signal. D’autres sociétés de surveillance par satellite, dont Hawkeye 360 et UnseenLabs, travaillent également à la détection des radars de bord des navires de pêche.
Cette recherche a été publiée dans PNAS.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay