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Depuis des dizaines d’années, des chercheurs tentent de trouver l’insecticide parfait qui serait efficace contre de nombreux insectes nuisibles, tout en étant sans danger pour l’humain ou pour les autres insectes bénéfiques. Des chercheurs croient en avoir trouvé un qui répond parfaitement à ces critères: il provient de la médecine traditionnelle chinoise.

Un insecticide provenant de la médecine traditionnelle chinoise

En effet, depuis des centaines d’années, les praticiens de la médecine traditionnelle chinoise utilisent une herbe appelée Stemona sessilifolia comme remède contre les infections parasitaires, comme celles causées par les oxyures et les poux. Aujourd’hui, des chercheurs ont identifié 10 composés qui pourraient être responsables de l’efficacité de cette plante. Mais il y a un hic : ces insecticides sont produits par des microbes symbiotiques qui vivent dans les cellules de la plante – et non par S. sessilifolia.
Les endophytes sont des microorganismes qui vivent à l’intérieur des cellules des plantes, mais qui ne provoquent pas de maladie apparente. Au contraire, certains endophytes aident les plantes à survivre en améliorant leur croissance, en apportant des nutriments, en aidant à lutter contre la sécheresse ou en aidant à lutter contre les parasites.
Les scientifiques étudient donc les endophytes en tant que sources potentielles de nouveaux médicaments et produits agrochimiques. Xiachang Wang, Lihong Hu et leurs collègues ont voulu cribler les endophytes de S. sessilifolia pour leur activité insecticide.

Isoler les endophytes

Pour isoler les endophytes, les chercheurs ont étalé des morceaux frais et coupés de S. sessilifolia sur des plaques de gélose. Ils ont ensuite recueilli les bactéries qui se sont développées sur les plaques, analysé l’ADN et identifié les microbes comme étant Streptomyces clavuligerus. En utilisant la spectroscopie de résonance magnétique nucléaire et la spectrométrie de masse, l’équipe a purifié 10 nouveaux composés de ces bactéries avec des structures similaires à une classe d’insecticides connue sous le nom de pyrroles.

De nouveaux pesticides naturels prometteurs

Les tests effectués sur les insectes ont révélé que ces substances étaient fortement toxiques pour les pucerons et modérément toxiques pour les tétranyques. Un extrait bactérien contenant tous ces composés, avait une activité létale plus importante que les tous autres composés réunis. Ces substances, ou les bactéries qui les produisent, pourraient être des nouveaux pesticides naturels prometteurs, selon les chercheurs.
Cette recherche a été publiée dans Journal of Agricultural and Food Chemistry.
Source : American Chemical Society
Crédit photo : Pixabay