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Les villes qui s’attaquent à un polluant atmosphérique majeur risquent par inadvertance d’aggraver la situation, en alimentant la croissance d’un autre type de pollution, potentiellement plus nocif.

Aggraver la pollution par les particules ultrafines

De nombreuses zones urbaines dans le monde dépassent les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé sur les PM2,5, des particules d’un diamètre maximal de 2,5 micromètres. Les véhicules sont une source commune de ce type de pollution.
Mais la simple réduction des niveaux de pollution par les PM2,5 n’améliorera peut-être pas la sécurité de l’air urbain. Une équipe sino-américaine a découvert que les PM2,5 jouent un rôle clé dans la suppression de la formation d’un autre type de pollution – les « particules ultrafines ».
Ces particules ont un diamètre inférieur à 50 nanomètres, et un ensemble de travaux émergents les a liées à des problèmes de santé, notamment des malformations congénitales.

Une chimie complexe

Cette nouvelle étude met en lumière la façon dont les particules ultrafines se forment dans le monde réel. Alors que la plupart des précédents travaux sur ce sujet ont été réalisés en laboratoire, les chercheurs ont donc tenté de refléter la chimie complexe de l’air des villes en effectuant des tests sur une route de Pékin, ainsi que dans une chambre fermée où circule une voiture.
Ils ont constaté que les fortes concentrations de PM2,5 dans l’air pollué suppriment la formation de particules ultrafines. En effet, les plus grosses particules captent les plus petites au fur et à mesure de leur formation. L’équipe a également conclu que la création des particules ultrafines est alimentée par un autre polluant émis par les voitures : les composés organiques volatils (COV).
En d’autres termes, les villes doivent réduire simultanément les PM2,5 et les COV des voitures, sous peine d’aggraver involontairement la pollution par les particules ultrafines. Ne pas faire les deux en même temps pourrait être « inefficace et peut même aggraver ce problème », affirment les chercheurs.
« J’ai déjà dit qu’il fallait être très prudent pour éviter d’aggraver la situation par inadvertance en réduisant la masse de particules en suspension dans l’air, pour ensuite augmenter le nombre et la toxicité des particules ultrafines », explique Barbara Maher de l’Université de Lancaster, au Royaume-Uni, qui n’a pas participé à cette recherche.

L’abandon du diesel

Cela ne signifie pas que les villes ayant un problème de PM2,5 doivent renoncer à s’y attaquer, dit-elle. Alastair Lewis, de l’université de York en fait écho. « Je ne pense pas que rien ici ne change fondamentalement l’impératif de réduire les PM2,5 en tant que priorité politique majeure », dit-il.
L’arrêt complet de l’utilisation de l’essence et du diesel permettrait de réduire à la fois les PM2,5 et les COV qui peuvent favoriser l’apparition de particules ultrafines. « Les voitures électriques seront certainement utiles », déclare Renyi Zhang, de l’université Texas A&M, qui fait partie de l’équipe sino-américaine.
Mais les modèles électriques représentent moins de 0,5 % des plus d’un milliard de véhicules circulant sur les routes du monde. Ils libèrent aussi encore quelques PM2,5 des pneus et des plaquettes de frein.
Roy Harrison, de l’Université de Birmingham, au Royaume-Uni, affirme que l’équilibre entre la réduction des PM2,5 et la promotion des particules ultrafines est plus problématique pour une ville comme Delhi que pour Londres. En effet, les niveaux de PM2,5 sont beaucoup plus élevés dans la capitale indienne, alors qu’ils sont beaucoup plus faibles dans la capitale britannique, et donc peu susceptibles d’avoir un effet sur le nombre de particules ultrafines.

Londres ne serait pas affectée par ce type de pollution

Le problème de pollution atmosphérique de Londres concerne principalement le dioxyde d’azote, qui, selon les recherches de Zhang, n’a aucun rapport avec les particules ultrafines.
Cette recherche a été publiée dans PNAS.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay

La lutte contre la pollution peut aggraver la situationmartinPollution
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