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Comment l’attirance pour les personnes du même sexe est-elle née ? À première vue, cela semble être un paradoxe de l’évolution. Pour qu’un trait évolue, il doit être transmis aux enfants auxquels il confère une sorte d’avantage. Mais comme le sexe gay, en soi, ne peut pas donner naissance à une progéniture, nous devrions nous attendre à ce que l’attirance pour le même sexe s’éteint.

Un paradoxe évolutif ?

Les biologistes de l’évolution ont longtemps lutté contre ce paradoxe, mais des chercheurs pensent que si l’on aborde ce puzzle sous un angle différent, la contradiction apparente disparaît. L’astuce consiste à reconnaître la complexité de l’activité sexuelle et de la sexualité humaine.
Tout d’abord, l’attirance pour le même sexe n’apparaît comme un paradoxe que si l’on considère que les populations humaines sont composées de deux groupes distincts : les personnes exclusivement gays et les personnes exclusivement hétéros. Mais la sexualité humaine ne fonctionne pas comme ça.
Toutes les études menées depuis les travaux d’Alfred Kinsey et de ses collègues dans les années 1940 et 1950 ont confirmé l’idée que la sexualité varie continuellement, allant d’une majorité de personnes qui s’identifient comme exclusivement hétérosexuelles à une minorité de personnes qui s’identifient comme exclusivement homosexuelles. Au milieu se trouve un éventail de personnes, y compris celles qui s’identifient comme bisexuelles, pour la plupart hétéros ou pour la plupart gays.
Reconnaître ce spectre, change radicalement la question de l’évolution. Cela signifie que nous devrions nous demander comment la variation de la sexualité a évolué, et pas seulement comment l’attirance pour le même sexe a évolué.
Deuxièmement, la majorité des rapports sexuels, qu’ils soient homosexuels ou hétérosexuels, ne sont pas destinés à la reproduction. Pour les humains et nos parents chimpanzés et bonobos, le sexe a une série de fonctions sociales qui comprennent le jeu, le lien social, l’affiliation, la résolution de conflits, la domination et l’apaisement. La réflexion sur l’évolution du sexe doit également tenir compte de ces fonctions sociales.

Une nouvelle hypothèse 

Brian Hare, de l’université de Duke, et d’autres chercheurs ont proposé une nouvelle hypothèse pour l’évolution des attirances envers le même sexe dans un récent article publié dans Frontiers in Psychology.
Un aspect important de l’évolution humaine récente a été la sélection pour être proactivement sociale : la prosocialité. Si la survie et la reproduction dépendent de l’appartenance à un groupe social fonctionnel (comme c’était le cas pour les premiers humains et nos ancêtres primates), les individus très prosociaux peuvent rapidement s’intégrer à un groupe, mieux fonctionner au sein d’un groupe et avoir une plus grande mobilité entre les groupes.
La sélection pour la prosocialité a donné lieu à toute une série de caractéristiques pour une plus grande conscience sociale et tolérance, une meilleure communication sociale et une réduction de l’agressivité. Cela inclut un rôle élargi pour le sexe dans des contextes sociaux qui incluent les liens sociaux entre adultes, les jeux d’adultes et la résolution de conflits. Cela s’applique aussi bien aux homosexuels qu’aux hétérosexuels.
Prenons l’exemple des bonobos, notre plus proche parent primate. Ils ont divergé des chimpanzés il y a environ 2 millions d’années et sont, en tant qu’espèce, extrêmement prosociaux. Ils sont aussi, et c’est bien connu, très sexuels, utilisant le sexe (gay et hétéro) pour toute une série de fonctions sociales. Quelque chose de similaire s’est produit dans l’évolution humaine récente. La sélection pour une prosocialité accrue a augmenté la fréquence et la diversité d’expressions du sexe social et a augmenté les attirances envers le même sexe.

Le spectre de la variation humaine

Une récente étude a montré que la sexualité humaine pouvait être influencée par des centaines de gènes et qu’il n’existe pas de gène unique pour les attirances envers le même sexe. Au contraire, de nombreux gènes influencent la variation de la sexualité, chacun agissant de manière petite et différente, ce qui peut expliquer la variation que nous observons dans la sexualité des gens.
On s’attend à des variations pour des traits complexes impliquant des centaines de gènes : par exemple prenez le QI humain ou la taille. Mais nous n’avons pas besoin d’arguments évolutifs spéciaux pour expliquer l’existence de personnes très intelligentes ou très grandes, elles ne sont qu’une extrémité du spectre de la variation humaine.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay

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