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Jupiter contient plus d’eau que ce que l’on pensait auparavant, selon les données du vaisseau spatial Juno de la NASA; ce qui pourrait nous aider à comprendre comment cette planète s’est formée à ses débuts.

L’eau de Jupiter contredit les théories 

L’eau de Jupiter nous a laissé perplexe pendant un certain temps. En 1996, la sonde Galileo de la NASA a découvert que les niveaux d’eau de cette planète, et donc les niveaux d’oxygène, qui étaient beaucoup plus bas que prévu, ce qui contredit les théories sur la façon dont le système solaire s’est formé.
Nous pensons que le système solaire a été créé lorsqu’une gigantesque boule de gaz s’est effondrée, formant le Soleil et un disque de matière autour de lui. Lorsque ce disque s’est refroidi, les parties les plus proches du Soleil ont formé les planètes rocheuses, tandis que celles qui étaient plus éloignées se sont condensées et ont formé de gros amas de glace. Ces amas ont attiré de l’hydrogène pour former les géantes gazeuses, dont Jupiter est la plus grande.
Les dernières découvertes de Galileo contredisent cette théorie, car elles prédisent des niveaux d’oxygène présents sur Jupiter actuellement plus élevés que ceux mesurés par la sonde. Or, de nouvelles informations provenant de Junon, qui est en ce moment en orbite autour de Jupiter, suggèrent qu’il y a 2,7 fois plus d’oxygène par kilogramme de cette planète gazeuse qu’il n’y en a dans le Soleil. C’est beaucoup plus que ce que Galileo a trouvé, ce qui pourrait résoudre cette contradiction.

Juno pourra confirmer cette découverte

Cheng Li du California Institute of Technology et ses collègues, qui ont mené des recherches, pensent que peut-être Galileo n’est pas allé assez loin dans l’atmosphère de Jupiter. Juno a mesuré les niveaux d’eau à l’équateur, mais il va maintenant examiner différentes parties de Jupiter et confirmer que ces conclusions sont vraies pour la planète entière.
« Si nous savons combien d’eau a été incorporée dans les planètes géantes lors de sa formation, nous aurions une fenêtre sur le passé profond du système solaire », dit Leigh Fletcher de l’Université de Leicester, au Royaume-Uni. « Je pense que cette nouvelle mesure va déclencher une vague d’activité de la part des modélisateurs de la formation des planètes et j’ai hâte de voir l’époque où nous aurons des mesures comparables pour les autres mondes géants de notre système solaire ».
Cette recherche a été publiée dans Nature Astronomy.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay