le-déclin-rapide-des-bourdons-suggère-une-extinction-massive

Une nouvelle étude menée par des scientifiques de l’University College London et de l’Université d’Ottawa a identifié un lien entre le réchauffement des températures mondiales et le déclin local des populations de bourdons. Cette recherche suggère que les bourdons disparaissent à la fois en Amérique du Nord et en Europe à un rythme «compatible avec une extinction massive».

Les bourdons sont affectés par le changement climatique

Pour étudier tout lien potentiel entre le changement climatique et le déclin des bourdons, les chercheurs ont évalué plus d’un demi-million de données d’occurrence géoréférencées, couvrant 66 espèces distinctes sur 115 ans. Un nouveau modèle a été développé pour suivre les mouvements des populations des espèces en association avec les changements des températures locaux.

« Nous avons créé une nouvelle façon de prédire les extinctions locales qui nous dit, pour chaque espèce individuellement, si le changement climatique crée des températures qui dépassent ce que les bourdons peuvent gérer », explique Tim Newbold, coauteur de cette étude.

Cette étude a conclu qu’il y avait un lien entre les diminutions des populations de bourdons et les augmentations localisées des températures. Cela signifie que les populations de bourdons s’éloignaient des endroits qu’ils avaient historiquement l’habitude de colonisés lorsque les conditions de températures dépassaient certains points.

«Nous avons constaté que les populations disparaissaient dans les zones où les températures étaient devenues plus chaudes», explique Peter Soroye, auteur principal de cette nouvelle étude. «Nous savons depuis un certain temps que le changement climatique est lié au risque d’extinction croissante auquel les animaux sont confrontés dans le monde. Dans cet article, nous proposons une réponse aux questions critiques afin de savoir comment et pourquoi. Nous constatons que les extinctions des espèces sur deux continents sont causées par des températures plus chaudes et plus fréquentes. »

Cette étude note qu’il existe des preuves d’une augmentation des populations de bourdons dans certaines zones plus froides, suggérant une sorte de migration vers des conditions plus confortables. Cependant, le taux de déclin global des populations des bourdons dépassait de loin les taux observés dans les zones nouvellement colonisées.

La probabilité de survie des bourdons a chuté de 30 %

En fait, cette étude conclut que la probabilité globale de survie des bourdons dans un endroit donné a chuté de 30% en moyenne dans une seule génération humaine. Les chercheurs suggèrent que ce taux de déclin est «compatible avec une extinction massive». «Si les déclins se poursuivent à ce rythme, bon nombre de ces espèces pourraient disparaître pour toujours en quelques décennies», explique Soroye.

En tenant compte d’autres effets anthropiques de l’utilisation des terres, tels que l’utilisation des pesticides ou l’intensification agricole, cette étude a confirmé que les effets du changement climatique étaient étroitement liés aux taux d’occupation des bourdons dans des zones géographiques données. Cela suggère que le changement climatique joue un rôle fondamental dans le déplacement des populations de bourdons, et Peter Soroye note comment cela peut finalement mener à des pertes de massives de la biodiversité.

Un avenir avec moins de diversité

«Les bourdons sont les meilleurs pollinisateurs que nous avons dans les paysages sauvages et les pollinisateurs les plus efficaces pour des cultures comme la tomate, la courge et les baies», explique Soroye. «Nos résultats montrent que nous sommes confrontés à un avenir avec beaucoup moins de bourdons et beaucoup moins de diversité. »

Cette recherche a été publiée dans Science.

Source : University College LondonUniversity of Ottowa
Crédit photo : Pixabay