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Bien qu’il ne s’agisse en réalité que de cristaux de glace, les traînées de condensation laissées par les avions de ligne en haute altitude ne sont pas pour autant totalement inoffensives. Cependant, selon une nouvelle étude, le fait de modifier l’altitude des vols de seulement 600 mètres pourrait réduire considérablement leur effet sur l’environnement.

Modifier les traînées de condensation

Les traînées de condensation se forment lorsque l’humidité de l’air froid se condense sur les particules de carbone noires présentes dans les gaz d’échappement des avions, formant ainsi des particules de glace. Les traînées de particules de glace qui en résultent apparaissent blanches et pelucheuses depuis le sol, et ne durent généralement que quelques minutes.

Cependant parfois, elles se répandent et se mélangent aux traînées de condensation voisines – ou aux cirrus naturels – pour former ce que l’on appelle des « cirrus de traînée ». Ces derniers peuvent persister jusqu’à 18 heures.

Ce faisant, ils emprisonnent la chaleur émise par la terre, l’empêchant de quitter l’atmosphère. Cela crée un déséquilibre appelé « forçage radiatif« , dans lequel la quantité de rayonnement calorifique atteignant la Terre en provenance du Soleil dépasse la quantité de chaleur qui s’échappe dans l’espace.

Selon des recherches antérieures, le forçage radiatif causé par les avions pourrait avoir un effet de réchauffement sur le climat aussi important que les émissions cumulées de dioxyde de carbone (CO2) de l’ensemble de l’industrie aéronautique.

Une réduction du forçage radiatif de 80 %

Dans cette optique, des scientifiques de l’Imperial College de Londres ont développé un modèle informatique basé sur les données de l’espace aérien au-dessus du Japon. Ils ont notamment déterminé que 80 % du forçage radiatif dans cette région étaient causés par seulement 2 % des vols.

En effet, ces avions traversaient des couches d’air particulièrement humides, qui étaient très propices à la formation de traînées de condensation. Cependant, en déplaçant la plupart des avions à une hauteur de 600 mètres ou plus, et en les faisant ainsi sortir de ces couches, ce modèle a indiqué que le forçage radiatif dans la région pouvait être réduit de 59%.

Il a également été constaté qu’en modifiant les vols de cette manière, les avions utiliseraient un peu moins de 10 % de carburant, produisant ainsi plus d’émissions de CO2. Néanmoins, la réduction du forçage radiatif serait de loin supérieure à la légère augmentation des gaz à effet de serre, surtout si seuls certains vols étaient déplacés.

Un impact rapide sur le climat

« Selon notre étude, le changement d’altitude d’un petit nombre de vols pourrait réduire de manière significative les effets climatiques des traînées de condensation de l’aviation », déclare le Dr Marc Stettler, auteur principal d’un article sur cette recherche. « Cette nouvelle méthode pourrait très rapidement réduire l’impact climatique global de l’industrie de l’aviation ».

Cette recherche a été publiée dans Environmental Science & Technology.

Source : Imperial College London, American Chemical Society
Crédit photo : Pixbay