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Une nouvelle étude de validation de principe a révélé qu’une combinaison de deux médicaments, déjà approuvée par la FDA pour d’autres utilisations, pourrait stimuler la libération de cellules souches de la moelle osseuse et accélérer la guérison des fractures. Cette découverte, testée uniquement chez les animaux à ce stade, suggère que les essais cliniques pourraient progresser rapidement étant donné que ces médicaments ont déjà démontré qu’ils étaient sécuritaires chez l’homme.

Une combinaison de médicaments pour guérir les fractures

« Le corps se répare tout le temps », explique l’auteur correspondant de cette étude Sara Rankin. « Nous savons que lorsque les os se brisent, ils guérissent, ce qui nécessite l’activation des cellules souches dans les os. Cependant, lorsque les dommages sont graves, il y a des limites à ce que le corps peut faire par lui-même. »
Une grande partie de la recherche actuelle se concentre sur les thérapies à base de cellules souches mésenchymateuses (MSC). Les MSC sont un type de cellule souche adulte qui peut se transformer en une variété de plusieurs sortes de cellules, notamment des muscles, des graisses ou des os. De nombreux traitements MSC en cours de développement impliquent d’extraire ces cellules d’un petit nombre de patients, de les cultiver dans des conditions de laboratoire, puis de les réinjecter au patient.
Cette nouvelle recherche visait à déterminer si des médicaments actuellement approuvés pouvaient fonctionner pour mobiliser la capacité naturelle de l’organisme à libérer des MSC, en vue d’accélérer la guérison des fractures osseuses. Cette étude décrit les tests de deux médicaments déjà approuvés dans un modèle de lésion rachidienne.
Ces deux médicaments testés étaient un immunostimulant appelé Plerixafor, qui est utilisé pour stimuler la libération de cellules souches de la moelle osseuse chez les patients cancéreux, et un agoniste adrénergique bêta-3 qui a été développé pour aider à contrôler la vessie.

Les résultats de cette étude suggèrent que cette combinaison fonctionne

Les résultats de cette étude suggèrent que ce duo de médicaments mobilise les MSC dans la circulation sanguine et accélère le processus de formation et de guérison des os en renforçant la liaison du calcium au site de la blessure. Tariq Fellous, premier auteur de cette nouvelle étude, suggère que la prochaine étape consistera à étudier si cette combinaison de médicaments augmente les niveaux de MSC dans le sang chez les sujets humains.
« Nous devons d’abord voir si ces médicaments libèrent les cellules souches chez des volontaires sains, avant de pouvoir les tester chez des patients ayant des fractures », explique Fellous. « Nous disposons des médicaments et savons qu’ils sont sans danger pour l’homme – nous avons juste besoin de fonds pour des essais chez l’homme ».
Il est important de noter que l’étude actuelle n’a examiné que l’augmentation du nombre de MSC en circulation et le taux de guérison des lésions de la colonne vertébrale par rapport à l’absence de traitement médicamenteux. La recherche actuelle n’indique pas si ce duo de médicaments influence la guérison des nerfs ou rétablit le mouvement.
Il est donc nécessaire de poursuivre des travaux pour comprendre l’utilité clinique réelle de ces résultats. Toutefois, comme le fait remarquer la copremière auteure de cette étude, Andia Redpath, cette réaffectation de ces médicaments pour stimuler l’activité des cellules souches est un moyen plus facile, moins coûteux et plus efficace d’améliorer la guérison par rapport à d’autres traitements à base de cellules souches en cours de développement, qui sont plus complexes et plus longs.

Une approche qui exploite la puissance des cellules de l’organisme

« Plutôt que de concevoir de nouveaux traitements à base de cellules souches à partir du début, notre approche exploite la puissance des cellules souches de l’organisme, en utilisant des médicaments déjà approuvés », explique M. Redpath. « Nous savons déjà que ces traitements sont sûrs, il s’agit maintenant d’explorer plus en profondeur s’ils aident le corps à guérir ».
Cette recherche a été publiée dans npj Regenerative Medicine.
Source : Imperial College London
Crédit photo : PXhere