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Les composés contenants des métaux pourraient détenir la clé de la prochaine génération d’antibiotiques pour combattre la menace croissante de la résistance mondiale aux antibiotiques.

Des composés contenants des métaux

Des chercheurs de l’université du Queensland, en collaboration avec un réseau de collaborateurs internationaux, ont découvert 23 composés jusqu’alors inexplorés contenant des métaux tels que l’argent, le manganèse, le zinc, le ruthénium et l’iridium qui ont une activité antibactérienne et antifongique.
Cette étude a été menée par les docteurs Mark Blaskovich, Angelo Frei et Johannes Zuegg du Centre for Superbug Solutions de l’Institut des biosciences moléculaires de l’UQ. « C’est une recherche prometteuse car la communauté scientifique a du mal à suivre le rythme de la résistance bactérienne », a déclaré le Dr Blaskovich.
Les chercheurs ont découvert que de nombreux composés métalliques tuent sélectivement les cellules des bactéries, y compris le Staphylococcus aureus (SARM), résistant à la méthicilline et qui est potentiellement mortel, mais sont Inoffensifs pour les cellules humaines.
« Il y a environ 40 nouveaux antibiotiques en cours d’essais cliniques, ce qui semble encourageant si l’on compare avec les plus de 1000 médicaments et vaccins en cours d’essais cliniques pour le traitement du cancer », a-t-il déclaré.
Selon le Dr Frei, près de 75 % des médicaments antimicrobiens en cours de développement sont des dérivés d’antibiotiques connus et utilisés, ce qui les rend potentiellement sensibles à la résistance bactérienne.

Ces composés déjouent la résistance bactérienne

« La découverte de tout nouveaux types d’antibiotiques dans ces composés contenants des métaux permet de déjouer la résistance bactérienne, car ils utilisent probablement des mécanismes différents que les bactéries n’ont pas rencontré auparavant », a déclaré le Dr Frei.
« En plus de l’activité contre le SARM, certains composés étaient actifs contre des pathogènes Gram négatifs dangereux tels que Escherichia coli et Acinetobacter baumannii, qui ont encore moins de nouveaux traitements aux antibiotiques ».
Cette recherche a été menée par la Communauté pour la découverte ouverte de médicaments antimicrobiens (CO-ADD) – qui a été créée dans les laboratoires du professeur Matt Cooper pour offrir un service de dépistage simple et gratuit aux scientifiques du monde entier grâce au financement du Wellcome Trust et de l’UQ.
« Nous nous sommes lancés dans une quête pour exploiter les millions de composés inutilisés qui se trouvent sur les étagères des laboratoires et qui sont rejetés parce qu’ils ne correspondent pas à la conception des médicaments courants », a déclaré le Dr Blaskovich.

Près de 1000 composés contenants des métaux

« Nous testons ces composés pour voir s’ils ont un effet sur les pathogènes bactériens et fongiques. Jusqu’à présent, nous avons reçu et examiné 300 000 composés, dont près de 1000 contenants des métaux, provenant de plus de 300 groupes universitaires dans 47 pays ».
L’équipe de recherche espère que les résultats de ces travaux permettront d’attirer de nouveaux investissements dans la recherche sur les antimicrobiens. « De nombreuses sociétés pharmaceutiques se retirent de la recherche sur les antibiotiques car le retour sur investissement est faible », a déclaré le Dr Frei.

Une source de véritables nouveaux antibiotiques 

« Il est donc vital de sensibiliser les gens au fait que les complexes métalliques sont une source potentielle de véritables nouveaux antibiotiques susceptibles de combattre la résistance aux antimicrobiens ».
Cette recherche a été publiée dans Chemical Science.
Source :  University of Queensland
Crédit photo : Pixabay