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Des paléontologues ont annoncé la découverte de matière organique dans des fossiles de dinosaures vieux de 75 millions d’années. L’équipe prétend avoir trouvé des preuves de la présence de cellules de cartilage, de protéines, de chromosomes et même d’ADN préservés à l’intérieur de ces fossiles, ce qui suggère que ces derniers peuvent survivre bien plus longtemps que nous le pensions.

Ces matières peuvent persister plus longtemps que nous le pensions

Les chercheurs, de l’Académie des sciences de Chine et de l’Université d’État de Caroline du Nord, ont fait ces découvertes dans des fragments de crâne d’Hypacrosaurus, un herbivore à bec de canard de la période du Crétacé. Ces spécimens particuliers étaient des « oisillons », ce qui signifie qu’au moment de leur mort, ils n’étaient pas encore assez âgés pour quitter leur nid.
À l’intérieur des fragments du crâne, l’équipe a repéré des traces de cellules de cartilage extrêmement bien conservées. Deux d’entre elles étaient encore liées d’une manière qui ressemble aux dernières étapes de la division cellulaire, tandis qu’une autre contenait des structures qui ressemblent à des chromosomes.
L’étape suivante consistait à vérifier si des molécules ou des protéines originales pouvaient être préservées. Pour ce faire, l’équipe a effectué deux analyses détaillées sur d’autres crânes provenant du même lieu de nidification, et a comparé ces résultats à des échantillons de crânes de jeunes émeus qui sont beaucoup plus récents.

Deux tests

La première était un test immunologique, qui consiste à appliquer une substance qui réagira si elle détecte des anticorps provenant d’un type de cellule. Dans ce cas, le test a réagi aux anticorps du collagène II, une protéine que l’on trouve couramment dans le cartilage des animaux. Selon l’équipe, cela suggère que des restes des protéines d’origine sont encore présents.
Le deuxième test recherchait de l’ADN de dinosaure. Ils ont isolé des cellules de cartilage de l’hypacrosaure et ont appliqué deux substances colorantes différentes qui se lient aux fragments d’ADN. Et bien sûr, la coloration s’est produite selon le même schéma que celui attendu pour les cellules modernes.
Les implications de cette découverte d’ADN dans ces échantillons sont énormes. Selon les idées actuelles, l’ADN ne peut persister que pendant un million d’années au maximum – mais ces fossiles ont 75 millions d’années.
« Ces nouveaux résultats viennent s’ajouter aux preuves croissantes que les cellules et certaines de leurs biomolécules peuvent persister très longtemps », déclare Alida Bailleul, coauteur principal de cette étude. « Ces résultats suggèrent que l’ADN peut se conserver pendant des dizaines de millions d’années, et nous espérons que cette étude encouragera les scientifiques travaillant sur l’ADN ancien à repousser les limites actuelles et à utiliser une nouvelle méthodologie afin de révéler tous les secrets moléculaires inconnus que possèdent les tissus anciens ».

Des preuves solides de la persistance

Les chercheurs de cette nouvelle étude semblent avoir devancé certains paléontologues et leurs croyances. Ils soulignent que le collagène II n’est pas produit par des microbes, donc les biofilms bactériens ne donneraient pas des tests positifs. Les biofilms créeraient également des schémas très différents de ce qui a été observé ici dans les tests de coloration de l’ADN. Enfin, l’équipe affirme que les comparaisons avec les échantillons d’émeu ont été effectuées dans des laboratoires complètement différents, de sorte qu’il n’y avait aucun risque de contamination croisée.
Bien que recréer des dinosaures, reste dans le domaine de la fiction, la possibilité que l’ADN des dinosaures et les molécules organiques puissent persister pendant des dizaines de millions d’années est toujours fascinante, et elle pourrait nous en apprendre beaucoup plus sur ces créatures anciennes.
Cette recherche a été publiée dans National Science Review.
Source : Chinese Academy of Sciences
Crédit photo : Pixabay

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Des paléontologues ont annoncé la découverte de matière organique dans des fossiles de dinosaures vieux de 75 millions d'années. L'équipe prétend avoir trouvé des preuves de la présence de cellules de cartilage, de protéines, de chromosomes et même d'ADN préservés à l'intérieur de ces fossiles, ce qui suggère que...