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Au sommet du Llullaillaco, un volcan des Andes qui s’élève à 6739 mètres au-dessus du niveau de la mer, vit une souris. C’est le mammifère vivant dans un endroit le plus haut monde – et la façon dont il survit dans un environnement si hostile, qui a été comparé à Mars, a laissé les scientifiques perplexes.

Une souris vit à une hauteur de 6739 mètres

La vie n’est pas facile au sommet de Llullaillaco. Les températures moyennes sont de -15°C et la pression atmosphérique est si basse qu’il y a moins de la moitié de la quantité d’oxygène qu’au niveau de la mer.
L’homme ne peut pas survivre aussi longtemps à ce sommet. En 1999, des archéologues ont découvert les momies gelées et parfaitement conservées de trois enfants incas qui avaient été drogués et laissés pour mort au sommet il y a 500 ans, dans le cadre d’un sacrifice rituel. Mais cette souris y prospère quand même.
Des alpinistes ont rapporté avoir vu des souris près du sommet de Llullaillaco, c’est pourquoi le mois dernier, une équipe internationale de biologistes s’est rendue dans les Andes pour enquêter. L’équipe, dirigée par Jay Storz de l’Université du Nebraska et Guillermo D’Elía de l’Université Austral du Chili, a passé des semaines à étudier les souris à différentes altitudes avant que Storz et un collègue ne se rendent au sommet de Llullaillaco, où ils ont repéré et piégé cette souris.

Un régime déroutant

« J’avais l’impression de tituber là-haut », dit Storz, en décrivant la difficulté de se déplacer à une telle altitude. « Mais cette souris ne semblait pas être affectée. »
Ce qui rend le fait que ces souris soient si actives au sommet de ce volcan est encore plus étonnant. « Elles perdent leur chaleur beaucoup plus facilement parce qu’elles ont un rapport surface/volume plus élevé », explique Graham Scott de l’université McMaster au Canada. « Ils doivent générer beaucoup de chaleur corporelle pour rester au chaud, mais ils le font même s’il y a très peu d’oxygène de disponible ».
Cela suggère que ces souris doivent avoir un appétit vorace pour acquérir l’énergie nécessaire à leur survie. Cela intrigue les biologistes car très peu de plante verte arrive à pousser à ce sommet, ce qui rend mystérieux ce que mangent ces souris pour qu’elles génèrent autant d’énergie.
Storz pense que ces souris pourraient survivre au moins en partie grâce aux insectes, mais d’autres indices viendront dans les mois à venir lorsque les chercheurs analyseront le contenu des intestins de ces souris.

Les conditions à ce sommet ressemblent à celles de Mars

Les astrobiologistes établissent des parallèles entre les conditions sur Llullaillaco et celles d’autres mondes, dont Mars, en matière de température, d’aridité et d’exposition à la lumière ultraviolette. « Ce n’est pas la Lune, mais Llullaillaco n’est certainement pas un endroit assez productif et hospitalier pour qu’un mammifère y vive », explique Scott.
Grant McClelland, également de l’université McMaster, souligne que certains oiseaux peuvent survivre brièvement à des altitudes encore plus élevées : les oies qui migrent au-dessus de l’Himalaya atteindraient des hauteurs supérieures à 7200 mètres. Mais les souris de Llullaillaco peuvent passer toute leur vie au-dessus de 6700 mètres. « Cela change certainement notre idée des limites où peuvent vivre des mammifères », dit-il.
Cette recherche a été publiée dans bioRxiv.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay