aspirine-ne-réduit-pas-le-risque-avoir-Alzheimer
L’idée qu’une consommation régulière d’aspirine peut réduire les symptômes de la démence a été à l’origine de nombreuses controverses dans les cercles scientifiques. Les chercheurs derrière une nouvelle étude à grande échelle sont les derniers à mettre un terme à ce débat; leur enquête pluriannuelle ne révélant aucune preuve d’amélioration thérapeutique en ce qui concerne la prévention de la maladie d’Alzheimer et d’autres types de troubles cognitifs.

L’aspirine n’aide pas contre les troubles cognitifs

L’aspirine est un médicament anti-inflammatoire utilisé pour soulager la douleur et la fièvre, mais l’un de ses autres effets est de fluidifier le sang. Pour cette raison, les médecins l’ont également prescrite pour traiter les maladies cardiovasculaires afin de réduire le risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral – bien que cela comporte également ses propres risques. Et certains groupes de recherche se sont demandé si cela pouvait avoir des avantages pour le cerveau.
Cela pourrait signifier réduire l’inflammation dans le cerveau, éviter le rétrécissement de ses vaisseaux sanguins ou réduire la formation de caillots sanguins. Une étude menée en 2018 sur des souris a révélé que l’aspirine pouvait aider à limiter l’accumulation de plaques amyloïdes dans le cerveau, que plusieurs chercheurs considèrent comme un des principaux responsables de la dégénérescence neurologique associée à la maladie d’Alzheimer. Cependant, des essais chez les humains ont été menés pour explorer ce mécanisme – ce médicament ne démontrant aucun résultat bénéfique.
Les dernières recherches ont été menées par des scientifiques de l’Université Monash en Australie, et jettent un poids considérable derrière cette école de pensée. Cette étude a impliqué 19 114 participants en bonne santé sans démence ni maladie cardiaque, la plupart âgés de plus de 70 ans. La moitié a reçu une faible dose d’aspirine chaque jour et l’autre moitié un placebo par jour, tandis que tous les participants ont été soumis à des tests de réflexion et de mémoire avant, pendant et après.

Aucune différence après 4,7 ans

Les chercheurs ont suivi les participants pendant une moyenne de 4,7 ans et les ont soumis à des examens annuels, avec 575 sujets développant une démence tout au long de cette période. Les scientifiques n’ont observé aucune différence dans le risque de développer une déficience cognitive ou une démence entre ceux qui prenaient de l’aspirine et ceux qui n’en prenaient pas, et ils n’ont pas non plus observé de différence dans le taux de déclin cognitif.
«Dans le monde, environ 50 millions de personnes souffrent d’une forme de démence, un nombre qui devrait augmenter à mesure que la population vieillit, de sorte que la communauté scientifique est impatiente de trouver un traitement à faible coût qui pourrait réduire le risque pour une personne», a déclaré l’auteur de cette étude. Joanne Ryan, PhD, de l’école de santé publique de l’Université Monash à Melbourne. « Malheureusement, notre grande étude a révélé qu’un comprimé d’aspirine à tous les jours à faible dose n’apportait aucun avantage aux participants à cette étude, pour prévenir la démence ou ralentir le déclin cognitif. »

Tout n’est pas négatif dans cette étude

Tout en décrivant ces résultats comme décevants, l’équipe note quelques inconvénients à cette étude. La première est qu’elle n’impliquait que des participants en bonne santé, et il est possible que ces sujets bénéficient moins de l’aspirine que la population générale. L’autre est la possibilité que la durée de cette étude, d’un peu moins de cinq ans, n’ait pas été une période de temps suffisante pour que l’aspirine produise ses avantages.
«Nous continuerons d’examiner ses effets potentiels à plus long terme en effectuant un suivi auprès des participants à cette étude dans les années à venir», a déclaré Ryan.
Cette recherche a été publiée dans Neurology.
Source : American Academy of Neurology
Crédit photo : PXhere

L'aspirine ne réduit pas le risque de développer l'AlzheimermartinBiologie
L'idée qu'une consommation régulière d'aspirine peut réduire les symptômes de la démence a été à l'origine de nombreuses controverses dans les cercles scientifiques. Les chercheurs derrière une nouvelle étude à grande échelle sont les derniers à mettre un terme à ce débat; leur enquête pluriannuelle ne révélant aucune preuve...