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Le stress peut mener à de mauvaises prises de décisions, et les gens qui cherchent le visage de George Clooney pourraient nous aider à comprendre pourquoi.

Pourquoi le stress affecte nos prises de décisions ?

Thackery Brown, de l’université de Stanford, en Californie, et ses collègues ont demandé à 38 personnes, dont la moyenne d’âge est de 23 ans, de naviguer en boucle autour de 12 différentes villes virtuelles dans un environnement simulé.
Chaque ville n’avait que quelques rues et prenait environ une minute pour s’y retrouver. Les chercheurs ont également placé le visage d’une célébrité – par exemple celui de George Clooney – à un point du parcours.
L’équipe a ensuite demandé aux participants de naviguer à nouveau dans cette simulation en étant allongés à l’intérieur d’une machine d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Cette fois, les participants ont commencé dans un endroit inconnu de la ville virtuelle et ont dû parcourir les rues pour trouver le visage de cette célébrité le plus rapidement possible.

Ils ont contrôlé les niveaux de cortisol

Afin de tester les effets du stress, 20 des participants ont également porté un appareil à la cheville qui leur a donné de légères décharges électriques à des intervalles aléatoires. L’équipe a également contrôlé les niveaux de cortisol, une hormone du stress, chez les 38 personnes. Avant de s’aventurer dans cette ville, chacun d’entre eux a eu quelques secondes pour planifier son itinéraire.
Chaque ville a été conçue de manière à ce qu’un raccourci jusque-là inutilisé soit le moyen le plus efficace d’atteindre cette célébrité. Les villes étaient suffisamment petites pour que les gens puissent s’en rendre compte, mais ceux qui portaient un bracelet électronique à la cheville prenaient le raccourci moins souvent : 31% du temps contre 47% pour ceux qui n’en portaient pas. Ils étaient également plus stressés, avec un taux de cortisol plus élevé, et avaient 20 % de retard pour trouver cette célébrité.

Un algorithme pour décoder les données de l’IRMf 

Les chercheurs ont également utilisé un algorithme d’apprentissage automatique pour décoder les données de l’IRMf de chaque participant, en l’entraînant à identifier quand une personne regardait un visage ou un point de repère particulier dans la ville virtuelle. Ils ont ensuite utilisé l’IA pour essayer de déterminer ce à quoi les participants pensaient lorsqu’ils ont planifié leur itinéraire.
Les participants non stressés étaient plus susceptibles d’imaginer tous les points de repère présents le long de l’itinéraire qu’ils allaient emprunter, tandis que les participants stressés semblaient se concentrer uniquement sur les points de repère les plus proches de leur point de départ.

Une étude qui contribue à expliquer comment nous gérons des maladies

Ceci est lié à la façon dont le stress nous affecte dans le monde réel, explique M. Brown. « Lorsque quelque chose est vraiment stressant, nous arrêtons de faire des plans et nous nous préoccupons simplement de ce qui se trouve devant nous », dit-il. « L’étude des mécanismes neuronaux du stress sur la mémoire peut contribuer à la façon dont nous nous préparons à des événements stressants ou dont nous gérons des maladies, comme le syndrome de stress post-traumatique », explique Neil Burgess, de l’University College London.
Cette recherche a été publie dans Current Biology.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pexels