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La gale du blé frappe les agriculteurs de deux façons. Cette maladie fongique, également connue sous le nom de fusariose de l’épi, ratatine le grain et peut considérablement endommager les récoltes de blé et d’orge. Pire encore, les toxines libérées par le champignon Fusarium graminearum, qui est un problème croissant dans les greniers à blé d’Europe, d’Amérique du Nord et de Chine, restent dans les grains destinés à l’alimentation.

Un champignon contre la gale du blé

Au-delà des limites légales, elles peuvent nuire aux personnes et aux animaux. Les céréales provenant de plantes infectées doivent être jetées dans de nombreux pays, bien que certains autorisent qu’elles soient mélangées avec des céréales non infectées. De plus, les fongicides ne sont pas la panacée, en partie parce que l’agent pathogène infecte le blé par temps humide, donc les produits chimiques sont emportés par la pluie.
Mais les chercheurs ont maintenant trouvé un gène protecteur chez un parent sauvage appelé agropyre intermédiaire. Le gène Fhb7, code une enzyme détruisant ces toxines, rapporte l’équipe dans Science. « Ce gène pourrait avoir un impact très important dans la sélection de la résistance du blé par le Fusarium », explique James Anderson, sélectionneur de blé à l’université du Minnesota, Twin Cities.
Ce gène est issu d’un champignon bénin qui vit à l’intérieur des herbes sauvages, puis s’est glissé d’une manière ou d’une autre dans le génome de l’agropyre intermédiaire. De tels champignons symbiotiques peuvent aider leurs hôtes végétaux à se défendre contre un envahisseur destructeur. Les auteurs de cette étude suggèrent que l’ADN fongique pourrait produire d’autres gènes de la résistance des plantes.
La meilleure résistance à ce jour contre F. graminearum provient d’une variété de blé chinoise. Depuis des décennies, les sélectionneurs y ont transféré un segment du chromosome contenant un gène de la résistance, appelé Fhb1, dans d’autres céréales. Mais l’identité et le mécanisme de ce gène restent contestés et ce segment n’offre qu’une protection modeste.

Les chercheurs ont trouvé le gène Fhb7

Pour découvrir l’identité et le mécanisme de ce gène, des chercheurs ont séquencé les marqueurs génétiques de l’agropyre intermédiaire, puis effectué de multiples croisements pour trouver les gènes candidats. En réduisant les gènes au silence individuellement, ils en ont trouvé un, le Fhb7, qui est nécessaire à la résistance. Ensuite, l’équipe de chercheurs a montré qu’il codait une enzyme, la glutathion S-transférase, et a démontré qu’il dégradait plusieurs toxines fongiques, appelées trichothécènes, qui provoquent les symptômes de la gale du blé.
« C’est un excellent article, qui décrit une énorme quantité de travail », déclare le biologiste moléculaire Gerhard Adam de l’Université des ressources naturelles et des sciences de la vie de Vienne. Ce gène, ajoute M. Adam, est susceptible d’être largement efficace contre de nombreux autres trichothécènes.
Des essais sur le terrain ont montré que l’ajout du gène Fhb7 au blé n’avait pas d’impact négatif sur le rendement des céréales. L’équipe espère commercialiser une variété de ce nouveau blé dans un délai d’un an. Une question plus importante est de savoir si ce nouveau gène augmentera la résistance des souches avec Fhb1. Jusqu’à présent, dit M. Kong, ils n’ont trouvé « qu’une petite amélioration ».

« Empiler » des gènes similaires pour renforcer le blé et l’orge

Mais l’espoir est d’identifier d’autres gènes similaires et de les « empiler » pour renforcer le blé et l’orge, explique M. Anderson. « Il va maintenant y avoir une course pour trouver d’autres gènes dans le génome de l’agropyre intermédiaire et des espèces apparentées qui pourraient faire la même chose ».
Source : Science
Crédit photo : Pixabay

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