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Une nouvelle recherche menée par un étudiant de la faculté de médecine de l’université d’Exeter pourrait avoir découvert un nouveau biomarqueur de stade précoce pour plusieurs cancers. Cette recherche a révélé que les sujets ayant des globules rouges anormalement petits avaient deux fois plus de chances de recevoir un diagnostic de cancer que ceux ayant des résultats sanguins normaux.

Un biomarqueur de plusieurs cancers

La microcytose est un état dans lequel un patient présente des globules rouges anormalement petits et qui peut être causé par un certain nombre de facteurs sous-jacents différents, notamment l’anémie ou une carence en fer. Des recherches antérieures ont établi des liens entre la microcytose et des cancers tels que le cancer colorectal ou le cancer du rein. Cependant, il s’agit de la première étude visant à déterminer si cette maladie du sang peut être utilisée comme biomarqueur pour plusieurs cancers.
En examinant plus de 100 000 dossiers de patients anonymes au Royaume-Uni, cette étude s’est concentrée sur environ 12 000 dossiers de patients atteints de microcytose. Dans l’ensemble, quatre pour cent des patients atteints de microcytose ont reçu un diagnostic de cancer au cours de l’année qui a suivi. En comparaison, seulement deux pour cent des patients sans microcytose ont reçu un diagnostic de cancer au cours de la même période de suivi.
En ce qui concerne les hommes en particulier, le risque de cancer était légèrement plus élevé, avec une augmentation de 6,2 % du risque de cancer lié à la microcytose, contre 2,7 % chez les hommes du groupe témoin. Les cancers colorectaux, du poumon, du lymphome, du rein et de l’estomac étaient les plus fréquemment associés à la microcytose. Mais aucun lien entre le cancer du sein et la microcytose n’a été détecté dans les données.

Une impact important

« Cette recherche visant à diagnostiquer le cancer plus tôt est tellement importante pour réduire l’impact de cette maladie dévastatrice », déclare Rhian Hopkins, étudiant en médecine et auteur principal de cette étude. « L’identification de marqueurs, tels que la microcytose, qui sont pertinents pour toute une série de cancers, peut avoir un réel impact dans les soins de premières lignes ».
Will Hamilton, qui a supervisé cette recherche suggère que cette découverte offre aux médecins un nouvel indice qui pourrait les aider dans leur arsenal d’outils de diagnostic. La microcytose est relativement simple à détecter par des tests sanguins et combinée avec d’autres données sur les patients, elle pourrait aider à détecter les cancers à un stade précoce.
« Les petits globules rouges ont longtemps été reconnus dans le cancer du côlon, mais cette étude montre qu’ils constituent un indice beaucoup plus large, alertant les médecins sur la possibilité qu’un cancer soit présent », explique M. Hamilton.
Cette recherche a été publiée dans British Journal of General Practice.
Source : University of Exeter
Crédit photo : Pixabay