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Les cellules T de notre système immunitaire méritent leur nom. Elles détruisent les cellules infectées et cancéreuses, et cette recherche révèle maintenant de nouveaux détails sur la façon dont elles le font. Ces cellules bombardent leurs cibles avec des « bombes » protéiques remplies de produits chimiques mortels.

Elles bombardent leurs cibles

Cette étude « est clairement un pas en avant significatif pour affiner nos connaissances » sur la manière dont ces sentinelles immunitaires éliminent les cellules dangereuses, déclare l’immunologiste David Masopust de l’école de médecine de l’université du Minnesota.
L’une des armes les plus importantes d’un lymphocyte T est la perforine, une protéine qui perfore la membrane extérieure de la cellule cible. Des enzymes appelées granzymes que le lymphocyte T libère également peuvent alors se déverser et pousser la victime à se suicider.
On ne sait pas encore si les cellules T se contentent de faire jaillir les granzymes et la perforine ou si elles s’appuient sur des structures spécialisées pour transporter les molécules mortelles vers la cellule cible.
Pour le savoir, l’immunologiste Michael Dustin de l’université d’Oxford et ses collègues ont suivi ces molécules déversées en attaquant les cellules T. Leurs résultats suggèrent que les cellules emballent les molécules dans des récipients que l’équipe appelle particules d’attaque supramoléculaires, ou SMAPs.

280 autres types de protéines

En analysant les charges utiles de ces bombes, les scientifiques ont découvert que les SMAPs contiennent non seulement de la perforine et des granzymes, mais aussi plus de 280 autres types de protéines.
Pour examiner de plus près la structure des SMAP, les chercheurs se sont tournés vers un type d’imagerie connu sous le nom de microscopie de reconstruction optique stochastique directe, qui permet de localiser les molécules individuelles.
Les cellules libèrent certains types de petites particules qui sont enveloppées dans des lipides, mais les SMAPs ont une enveloppe protéique et contiennent des granzymes et des perforines en leur centre. Les chercheurs concluent qu’au lieu de laisser fuir la perforine et les granzymes, les cellules T fabriquent un réceptacle complexe pour les délivrer.
Pour simuler les interactions entre les cellules T et leurs victimes, M. Dustin et son équipe ont placé les cellules T sur une double couche de lipides qui est similaire à la membrane qui entoure les cellules. Des SMAPs sont rapidement apparus sur la membrane, ce qui suggère que les cellules T ont commencé à les décharger après s’être accrochées.
Lorsque les chercheurs ont enlevé les cellules T de cette surface, certaines SMAPs sont restées en arrière. Comme des mines moléculaires, elles pouvaient tuer les cellules jusqu’à un jour, selon l’équipe. Des études remontant aux années 80 ont peut-être détecté des signes de SMAP, explique Dustin, mais jusqu’à récemment, les chercheurs ne disposaient pas de la technologie d’imagerie pour sonder leur structure.

Un nouveau paradigme

L’immunologiste Christopher Mody, de l’université de Calgary, estime que ce document a le mérite de « suggérer un nouveau paradigme » pour la façon dont la perforine et les granzymes convergent vers la membrane de la cellule cible. Toutefois, il met en garde contre le fait que les auteurs n’ont pas démontré si les cellules T tueuses fabriquent puis libèrent des SMAPs ou si elles libèrent ces composants, qui s’assemblent ensuite en SMAPs au niveau de la cible.
Le contenu complexe des SMAPs suggère qu’ils peuvent également avoir d’autres fonctions, explique M. Dustin. Par exemple, ces particules contiennent des molécules qui attirent les cellules immunitaires et manipulent leur comportement, ce qui suggère que la communication pourrait être l’un de leurs rôles. « Nous savons qu’elles sont importantes pour tuer, mais nous soupçonnons que c’est plus que cela », dit Dustin.
Source : Science
Crédit photo : Pixabay