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Près d’un quart des Américains souffrent d’arthrite, le plus souvent due à l’usure du cartilage qui protège les articulations. Lorsque nous vieillissons ou que nous nous blessons, nous n’avons aucun moyen de faire croître de nouveaux cartilages.

Les raies peuvent réparer des cartilages blessés

Contrairement aux humains et aux autres mammifères, les squelettes des requins et des raies sont entièrement constitués de cartilage et continuent à en produire tout au long de l’âge adulte.
Et une nouvelle recherche révèle que les raies adultes vont plus loin que la croissance du cartilage : ils peuvent aussi réparer spontanément des cartilages blessés. C’est le premier exemple connu de la réparation de cartilage adulte dans un organisme de recherche. L’équipe a également découvert que le cartilage des raies récemment guéri ne formait pas de tissu cicatriciel.
« Les raies et les humains utilisent beaucoup de gènes identiques pour fabriquer du cartilage. Il est concevable que si les raies sont capables de fabriquer du cartilage à l’âge adulte, nous devrions également pouvoir le faire », déclare Andrew Gillis, auteur principal de cette étude et scientifique du Centre Whitman du Laboratoire de biologie marine de l’Université de Cambridge, au Royaume-Uni.

Les raies possèdent des cellules progénitrices

Les chercheurs ont mené une série d’expériences sur de petites raies (Leucoraja erinacea) et ont découvert que les raies adultes possèdent un type spécialisé de cellules progénitrices pour créer du nouveau cartilage. Ils ont pu étiqueter ces cellules, retracer leurs descendants et montrer qu’elles donnent naissance à du nouveau cartilage dans un squelette adulte.
Pourquoi est-ce important ? Il existe peu de thérapies pour réparer le cartilage chez l’homme et celles qui existent ont de graves limites. Au fur et à mesure que l’homme se développe, presque tout le cartilage finit par se transformer en os.
Les thérapies à base de cellules souches utilisées pour la réparation du cartilage sont confrontées au même problème : les cellules continuent souvent à se différencier jusqu’à ce qu’elles deviennent des os. Elles ne s’arrêtent pas en tant que cartilage. Mais chez les raies, les cellules souches ne créent pas le cartilage comme un tremplin ; c’est le résultat final.
« Nous étudions la génétique de la fabrication du cartilage, non pas comme un point intermédiaire sur le chemin de l’os, mais comme un produit final », explique M. Gillis.

De futures thérapies à base de cellules souches

Cette  recherche n’en est qu’à ses débuts, mais M. Gillis et son équipe espèrent qu’en comprenant quels gènes sont actifs chez les raies adultes pendant la réparation du cartilage, ils pourront mieux comprendre comment empêcher les thérapies à base de cellules souches humaines de se différencier en os.
Remarque : il n’existe aucune preuve scientifique que les « comprimés de cartilage de requin » actuellement commercialisés en tant que suppléments confèrent des avantages pour la santé, notamment le soulagement des douleurs articulaires.
Cette recherche a été publiée dans eLife.
Source : Marine Biological Laboratory
Crédit photo : Pixabay