COVID-19-une-cible-potentielle-pour-une-thétapie
Une équipe de biochimistes et de virologistes de l’université Goethe et de l’hôpital universitaire de Francfort a pu observer comment les cellules humaines se modifient lors d’une infection par le SRAS-CoV-2, le virus qui provoque la COVID-19 chez l’homme. Les scientifiques ont testé une série de composés dans des modèles de laboratoire et en ont trouvé certains qui ralentissaient ou arrêtaient la reproduction de ce virus. Ces résultats permettent maintenant de limiter la recherche d’une substance active à un petit nombre de médicaments déjà approuvés (Nature).

Des composés arrêtent la reproduction du virus

Depuis le début du mois de février, la virologie médicale de l’hôpital universitaire de Francfort est en possession d’un système de culture cellulaire pour l’infection par le SRAS-CoV-2. Les scientifiques de Francfort de l’équipe du professeur Sandra Ciesek ont réussi à cultiver ce virus dans des cellules du côlon à partir d’écouvillons prélevés sur deux personnes infectées revenant de Wuhan (Hoehl et al. NEJM 2020).
En utilisant une technique développée à l’Institut de biochimie II de l’Université Goethe de Francfort, les chercheurs des deux institutions ont pu montrer ensemble comment une infection par le SRAS-CoV-2 modifie les cellules hôtes humaines. Les scientifiques ont utilisé une forme particulière de spectrométrie de masse appelée méthode mePROD, qu’ils avaient mise au point quelques mois auparavant. Cette méthode permet de déterminer la quantité et la vitesse de synthèse de milliers de protéines dans une cellule.
Les résultats donnent une idée de la progression d’une infection par le CoV-2 du SRAS : alors que de nombreux virus arrêtent la production de protéines de l’hôte au profit des protéines virales, le SRAS-CoV-2 n’influence que légèrement la production de protéines de la cellule hôte, les protéines virales semblant être produites en compétition avec les protéines de la cellule hôte. Au lieu de cela, une infection par le SRAS-CoV-2 entraîne une augmentation de la machinerie de synthèse des protéines dans la cellule. Les chercheurs ont soupçonné qu’il s’agissait d’un point faible de ce virus et ont en effet pu réduire de manière significative la reproduction du virus en utilisant ce que l’on appelle des inhibiteurs de traduction, qui arrêtent la production des protéines.

Des inhibiteurs arrêtent la reproduction du virus 

Vingt-quatre heures après l’infection, le virus provoque des changements distincts dans la composition du protéome de l’hôte : tandis que le métabolisme du cholestérol est réduit, les activités dans le métabolisme des glucides et dans la modification de l’ARN en tant que précurseurs de protéines augmentent. Dans cette optique, les scientifiques ont réussi à arrêter la reproduction du virus dans les cellules cultivées lorsque des inhibiteurs de ces processus ont été appliqués. Un succès similaire a été obtenu en utilisant une substance qui inhibe la production des éléments constitutifs du génome viral.
Ces résultats ont déjà fait sensation de l’autre côté de l’Atlantique : conformément à la pratique courante depuis le début de la crise de la coronavirus, les chercheurs de Francfort ont immédiatement mis ces résultats à disposition sur un serveur de préimpression et sur le site web de l’Institut de biochimie II (http://pqc.biochem2.de#coronavirus). Le professeur Ivan Dikic, directeur de l’Institut, commente : la culture de la « science ouverte », dans laquelle nous partageons nos résultats scientifiques le plus rapidement possible, et la collaboration interdisciplinaire entre biochimistes et virologistes ont contribué à ce succès. Ce projet a débuté il y a à peine trois mois et a déjà révélé de nouvelles approches thérapeutiques contre le COVID-19″.

Deux substances arrêtent la reproduction virale

Parmi les substances qui ont arrêté la reproduction virale dans le système de culture cellulaire, on trouve le 2-Deoxy-D-Glucose (2-DG), qui interfère directement avec le métabolisme des glucides nécessaire à la reproduction virale. La société américaine Moleculin Biotech possède une substance appelée WP1122, un promédicament similaire au 2-DG. Récemment, Moleculin Biotech a annoncé qu’elle préparait un essai clinique avec cette substance sur la base des résultats obtenus à Francfort. https://www.moleculin.com/covid-19/.
Sur la base d’une autre des substances testées à Francfort, la ribavirine, la société canadienne Bausch Health Americas commence une étude clinique avec 50 participants : https://clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT04356677?term=04356677&draw=2&rank=1
Source : Goethe University Frankfurt am Main
Crédit photo : Pixabay

COVID-19 : une cible potentielle pour une thérapiemartinbiothechnologie
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