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Une équipe internationale de scientifiques, dirigée par l’Université d’Helsinki, a rapporté que la vitamine B3 a des effets thérapeutiques dans les maladies musculaires progressives. La niacine retarde la progression de la maladie chez les patients atteints de myopathie mitochondriale, une maladie progressive sans traitement curatif.

La vitamine B3 et la myopathie mitochondriale

Les formes de vitamine B3 sont récemment apparues comme de puissants stimulateurs du métabolisme énergétique chez les rongeurs. Ces vitamines sont des précurseurs du NAD+, un changement moléculaire du métabolisme entre le mode de jeûne et le mode de croissance.
Comme il a été démontré que le jeûne favorise la santé et la longévité chez les souris, une variété de « boosters NAD » sont en cours de développement. Cependant, il n’a pas encore été possible de déterminer si la carence en NAD+ existe réellement dans les maladies humaines et si les boosters NAD+ pourraient avoir des effets curatifs chez les patients atteints de maladies dégénératives.
Dans la présente publication, une équipe de chercheurs dirigée par le professeur Anu Suomalainen-Wartiovaara et la chercheuse universitaire Eija Pirinen rapporte une baisse des niveaux de NAD+ dans le sang et les muscles des patients atteints de myopathie mitochondriale.
« Cette maladie est caractérisée par une faiblesse musculaire progressive, une intolérance à l’exercice et des crampes. Actuellement, il n’existe aucun traitement qui permettrait de ralentir la progression de cette maladie », explique Suomalainen-Wartiovaara.

La niacine une option thérapeutique prometteuse

Pirinen et ses collègues signalent que le traitement à la niacine a efficacement augmenté le NAD+ sanguin tant chez les patients que chez les sujets sains. La niacine a rétabli le NAD+ dans les muscles des patients à un niveau normal et a amélioré la force des grands muscles et la capacité d’oxydation des mitochondries. Le métabolisme global s’est déplacé vers celui des sujets normaux.
Les résultats de cette étude pilote ont révélé que la niacine est une option prometteuse pour traiter la myopathie mitochondriale. Les auteurs soulignent toutefois que la niacine et le NAD+ sont des modificateurs métaboliques efficaces et que le traitement à la niacine ne doit être appliqué avec prudence que lorsque la déficience en NAD est détectée dans le sang du patient.

Une preuve de concept

« Nos résultats sont une preuve de concept que la déficience en NAD+ existe chez l’humain et que les boosters de NAD+ peuvent retarder la progression de la maladie des muscles mitochondriaux », commente Suomalainen-Wartiovaara. « Cette étude constitue un saut significatif dans le développement d’options thérapeutiques ciblées pour les maladies métaboliques de l’énergie « , poursuit M. Suomalainen-Wartiovaara.
Cette recherche a été publiée dans Cell Metabolism.
Source : University of Helsinki
Crédit photo : PXhere