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Un anticorps identifié pour la première fois dans un échantillon de sang d’un patient qui s’est remis d’un syndrome respiratoire aigu sévère en 2003 inhibe les coronavirus apparentés, y compris celui qui cause le COVID-19. Cet anticorps, appelé S309, est maintenant en voie de développement et d’essai accéléré chez Vir Biotechnology dans le cadre de la prochaine étape vers d’éventuels essais cliniques.

L’anticorps S309

« Nous devons encore montrer que cet anticorps est protecteur dans les systèmes vivants, ce qui n’a pas encore été fait », a déclaré M. Veesler chercheur principal. « Pour l’instant, il n’existe pas d’outils approuvés ou de thérapies homologuées pour lutter contre le coronavirus qui cause le COVID-19 », a-t-il ajouté. Si cet anticorps se révèle efficace contre le nouveau coronavirus chez l’homme, il pourrait faire partie de l’arsenal de lutte contre cette pandémie.
M. Veesler a déclaré que son laboratoire n’est pas le seul à rechercher des anticorps neutralisants le COVID 19. Ce qui rend cet anticorps différent est que sa recherche n’a pas eu lieu chez des personnes atteintes du COVID-19, mais chez quelqu’un qui avait été infecté il y a 17 ans lors d’une épidémie de SRAS. « C’est ce qui nous a permis d’avancer si vite par rapport aux autres groupes », a déclaré M. Veesler.
Les scientifiques ont identifié plusieurs anticorps monoclonaux à partir des cellules B du survivant du SRAS. Les cellules B se forment à la suite d’une maladie infectieuse. Leur lignée peut durer, parfois toute la vie. Elles se souviennent généralement d’un agent pathogène, ou d’un agent similaire, que l’organisme a éradiqué dans le passé, et lancent une défense d’anticorps contre une réinfection.
Plusieurs des anticorps des cellules B du survivant du SRAS sont dirigés contre une structure protéique des coronavirus. Cette structure est essentielle à la capacité des coronavirus à reconnaître un récepteur sur une cellule, à y fusionner et à y injecter leur matériel génétique. Ce mécanisme d’infectivité est situé dans les piques du coronavirus.

Il peut cibler et désactiver la protéine du pique

L’anticorps S309 est particulièrement puissant pour cibler et désactiver la protéine du pique qui favorise l’entrée du coronavirus dans les cellules. Il a été capable de neutraliser le SARS CoV-2 en s’attaquant à une section de la protéine du pique à proximité du site de fixation à la cellule hôte.
Grâce à leurs études par cryo-microscopie électronique et à leurs tests de liaison, les chercheurs ont appris que l’anticorps S309 reconnaît un site de liaison sur le coronavirus qui est conservé par de nombreux sarbecovirus, et pas seulement par les virus du SRAS et du COVID-19. C’est probablement la raison pour laquelle cet anticorps est capable d’agir contre les coronavirus apparentés.
La combinaison de l’anticorps S309 avec d’autres anticorps, bien que plus faibles, identifiés chez le patient atteint du SRAS a permis de mieux neutraliser le coronavirus du COVID-19. Cette approche de cocktail d’anticorps multiples pourrait contribuer à limiter la capacité du coronavirus à former des mutants capables d’échapper à un traitement par anticorps à ingrédient unique, selon les chercheurs.

Utiliser cet anticorps

Les scientifiques ont indiqué qu’ils espèrent que ces premiers résultats ouvrent la voie à l’utilisation de l’anticorps S309, seul ou mélangé, comme mesure préventive pour les personnes à haut risque d’exposition au coronavirus du COVID-19 ou comme thérapie post-exposition pour traiter les cas graves.
Cette recherche a été publiée dans Nature.
Source : University of Washington
Crédit photo : Pixabay

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