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Imaginez que vous ayez un pneu à plat, mais au lieu de l’échanger contre un nouveau, vous vous contentez d’étaler un produit chimique qui fait que le caoutchouc se répare parfaitement. C’est le genre de percée dont font maintenant état des chercheurs de l’université australienne Flinders, et mieux encore, ce matériau est fait de déchets et peut être facilement recyclé.

Un caoutchouc qui se répare par lui-même

Ce nouveau matériau est composé de plus de 50 % de soufre, mélangé à de l’huile de cuisson de canola et à un composé chimique appelé dicyclopentadiène (DCPD). Ce mélange inhabituel constitue une nouvelle forme de caoutchouc polyvalente et durable.
Mais le plus étrange est que ce matériau est un « adhésif latent » – en gros, de la colle qui attend un signal pour s’activer en ajoutant un catalyseur aminé, ainsi lorsque celui-ci est appliqué, ce caoutchouc redevient collant, ce qui lui permet de se lier à lui-même de manière si complète qu’il ne perd pas de sa résistance.
« Ce caoutchouc se lie à lui-même lorsque le catalyseur aminé est appliqué à sa surface », explique Tom Hasell, l’un des auteurs de cette étude. « L’adhérence est plus forte que celle de nombreuses colles commerciales. Ce polymère est également résistant à l’eau et à la corrosion ».
L’équipe indique que la réparation peut être effectuée à la température ambiante et ne prend que quelques minutes. Cela pourrait être utile pour réparer des objets en caoutchouc comme des pneus d’un véhicule, et lorsque sa durée de vie utile est terminée, cela le rend beaucoup plus facile à recycler.

Il est peu coûteux et écologique

De plus, les trois principaux ingrédients utilisés pour fabriquer ce matériau sont tous des déchets industriels. Le DCPD, par exemple, est un sous-produit du raffinage du pétrole. Cela signifie que la production de ce nouveau matériau est bon marché et écologique.
« Cette étude révèle un nouveau concept pour la réparation des objets, l’adhérence et le recyclage du caoutchouc durable », déclare Justin Chalker, chercheur principal de cette étude. « Il est passionnant de voir comment la chimie sous-jacente de ce matériau a un si grand potentiel pour être recyclé, très adhérant et facile à produire ».
Cette recherche a été publiée dans Chemical Science. L’équipe nous explique comment tout cela fonctionne dans la vidéo ci-dessous.

Source : Flinders University
Crédit photo : Pixabay