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Des oreilles de type humain ont été développées dans des souris grâce à l’impression 3D. Cette technique pourrait éventuellement être utilisée pour construire de nouvelles oreilles ou d’autres parties du corps chez des personnes sans avoir recours à la chirurgie.

Des oreilles de remplacement en 3D

L’impression 3D est de plus en plus utilisée pour construire sur mesure de nouvelles parties du corps, comme les mâchoires, les côtes et les vertèbres. Mais ces parties doivent être imprimées à l’extérieur du corps et ensuite implantées chirurgicalement, ce qui comporte un risque d’infection.
Maintenant, Maling Gou, de l’université du Sichuan, en Chine, et ses collègues ont montré que des parties du corps peuvent être imprimées en 3D à l’intérieur du corps, du moins chez la souris, de sorte qu’une opération n’est pas nécessaire.
Tout d’abord, les chercheurs ont injecté une « bio-encre » composée de particules d’hydrogel et de cellules de cartilage dans des souris. Ensuite, ils ont créé des motifs en forme d’oreille illuminés par de la lumière du proche du infrarouge. Cette lumière a permis que les particules d’hydrogel se collent les unes aux autres et se sont développées couche par couche en structures en forme d’oreille.
Au cours du mois suivant, des cellules de cartilage se sont développées autour des structures d’hydrogel, ressemblant finalement aux structures de cartilage de vraies oreilles humaines. Les souris n’ont pas eu d’inflammation significative ni d’autres effets secondaires.

Améliorer cette technique

Les chercheurs espèrent que cette nouvelle technique pourra être utilisée pour construire de nouvelles oreilles pour les personnes nées avec une condition appelée microtie qui empêche les oreilles de se développer correctement. « Nous nous efforçons d’améliorer cette technique pour de futurs traitements des défauts de l’oreille humaine », explique M. Gou.
Cette technique d’impression 3D non chirurgicale pourrait également être utilisée pour réparer les cartilages endommagés du nez, des doigts, des orteils ou des coudes, explique Derek Rosenzweig de l’université McGill au Canada. En revanche, les défauts du cartilage de la hanche et des genoux peuvent être plus difficiles à réparer, car la lumière du proche infrarouge ne pénètre généralement qu’à environ 2 centimètres dans le corps, dit-il.

Pour d’autres organes

L’équipe de M. Gou espère pouvoir éventuellement adapter cette technique pour réparer d’autres organes endommagés comme le cœur ou les poumons. Cependant, cela sera plus difficile car le cœur et les poumons contiennent plusieurs types de cellules, elles sont plus profondes dans le corps et se contractent et se détendent constamment, explique M. Rosenzweig.
Cette recherche a été publiée dans Science Advances.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay