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Une équipe internationale de scientifiques a découvert que la glace de mer estivale de la mer de Weddell, au large des côtes de l’Antarctique, diminue à un rythme effréné. Depuis 2015, la couverture de glace a diminué d’un million de km carrés et pourrait poser un problème à la vie marine locale.

La glace de mer

L’Antarctique est connu pour être un continent glacé, couvert de glaciers dont la profondeur est de plusieurs kilomètres par endroits. Cependant, surtout en mer, cette glace est loin d’être statique. Elle coule, se brise, rétrécit et se développe au fil des saisons d’une manière très complexe qui implique bien plus que des chutes de neige ou des changements de température.
La mer de Weddell en est un bon exemple : des chercheurs de la British Antarctic Survey, du Centre national indien de recherche polaire et océanique, de l’université de Nanjing et de l’université Victoria de Wellington, en Nouvelle-Zélande, ont étudié les enregistrements par satellite de l’étendue de la glace de mer et les analyses météorologiques remontant à la fin des années 1970 afin de comprendre pourquoi la glace de mer estivale a diminué d’un tiers en cinq ans.
Ils ont découvert que la mer de Weddell a été soumise à un certain nombre de violentes tempêtes estivales en 2016 et 2017. Lorsque de telles tempêtes se produisent à la fois dans l’Arctique et dans l’Antarctique, elles peuvent briser la banquise et entraîner les floes qui en résultent, ce qui les fait fondre plus rapidement. Cependant, l’équipe a également constaté l’apparition d’une zone d’eau libre, ou polynie, ce qui ne s’était pas produit depuis près de 50 ans.

Des conséquences sur sur la circulation océanique

« La glace de mer de l’Antarctique continue de nous surprendre », déclare le professeur John Turner, climatologue au British Antarctic Survey. « Contrairement à l’Arctique, la glace de mer autour de l’Antarctique a augmenté en étendue depuis les années 1970, mais elle a ensuite rapidement diminué pour atteindre des niveaux records, le plus grand déclin se situant dans la mer de Weddell. En été, cette zone a maintenant un tiers de glace de mer en moins, ce qui aura des conséquences sur la circulation océanique et la faune marine qui en dépend pour sa survie ».
Selon l’équipe, la glace de mer hivernale double la taille de l’Antarctique, couvrant une surface maritime de 18 millions de km carrée à la fin du mois de septembre. La majeure partie de cette surface fond durant l’été austral, à l’exception de la mer de Weddell, dont une grande partie reste gelée. La situation a changé en décembre 2016, lorsque d’intenses tempêtes ont attiré de l’air chaud, contribuant à la fonte. L’eau libre a alors absorbé la lumière du Soleil, la réchauffant et prolongeant cet effet, y compris le maintien d’une polynie formée par les vents forts.

Un impact sur l’écosystème

L’inquiétude est que cette perte de glace de mer aura un impact majeur sur l’écosystème de la mer de Weddell. Beaucoup de plantes et d’animaux sont adaptés à la présence de la glace de mer, et cette perte pourrait affecter toute la chaîne alimentaire, du plancton et du krill jusqu’aux phoques, aux pingouins et aux baleines. Il pourrait également s’agir d’un problème à long terme, car on ne sait pas encore si cette perte va s’inverser, comme cela s’est produit par le passé, ou s’il s’agit du début d’un déclin à long terme.
« Le déclin spectaculaire de la glace de mer observé dans la mer de Weddell aura probablement des répercussions importantes sur le fonctionnement de l’ensemble de l’écosystème marin », déclare le professeur Eugene Murphy, écologiste du British Antarctic Survey. « La compréhension de ces conséquences plus vaste est d’une importance capitale, surtout si ce déclin se poursuit ».
Cette recherche a été publiée dans Geophysical Research Letters.
Source : BSA
Crédit photo : Pixabay