une-nouvelle-faiblesse-dans-les-biofilms-bactériens
Seules, les bactéries ne sont pas trop difficiles à tuer, mais si on en les rassemblent suffisamment, elles forment des communautés entourées d’un protection appelée biofilm. Celle-ci rend difficile l’absorption d’antibiotiques, ce qui entraîne des problèmes de santé plus important. Mais des chercheurs ont découvert une nouvelle faiblesse de ces biofilms qui pourrait être exploitée.

Les biofilms 

Les biofilms sont des revêtements visqueux qui se développent sur les surfaces au fil du temps, au fur et à mesure que les bactéries se regroupent. Ils se forment souvent dans les conduites d’eau, sur les dents ou dans les implants et cathéters médicaux. Les antibiotiques ont du mal à pénétrer cette couche extérieure collante, ce qui signifie qu’une fois que les biofilms s’installent dans le corps, il peut être difficile de s’en débarrasser.
Mais des chercheurs de l’université de Strathclyde ont découvert une faiblesse jusqu’alors inconnue. Grâce à une nouvelle technologie d’imagerie appelée Mesolens, l’équipe a pu visualiser des milliards de bactéries E. coli à l’intérieur d’un biofilm, avec plus de détails que jamais auparavant. Et ce faisant, ils ont repéré un réseau de minuscules canaux que les bactéries utilisent pour absorber et distribuer les nutriments à travers leur communauté.

Des canaux pour tuer les bactéries

La découverte de ces canaux ne résout pas seulement le mystère de la façon dont les bactéries se nourrissent à l’intérieur des biofilms, mais elle offre également une nouvelle possibilité de faire passer des médicaments au-delà de leurs défenses.
« Ces canaux prennent les nutriments par le bas pour les transporter à travers le biofilm, alors que traditionnellement, le traitement avec un antibiotique se ferait par le haut du biofilm », explique Liam Rooney, auteur principal de cette étude. « Comme nous avons trouvé une voie secrète pour pénétrer dans le biofilm par le bas, nous pouvons potentiellement faire entrer les médicaments sous ce biofilm pour tuer les bactéries plus rapidement et plus efficacement. C’est comme une étoile de la mort bactérienne. »
Pour le moment, cette idée reste théorique. De futurs travaux devront donc examiner si ces canaux peuvent réellement être exploités pour détruire les biofilms et observer si chez les humains, cela fonctionne sans danger pour les patients.
Cette recherche a été publiée dans The ISME Journal.
Source : University of Strathclyde
Crédit photo : Pixabay