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La plus grande expédition scientifique jamais menée dans l’Arctique a découvert une glace de mer extrêmement fine, ce qui pourrait menacer les futurs efforts d’étude de cette région.

Une glace de mer très fine

Une équipe à bord du brise-glace Polarstern a commencé à dériver en septembre dernier jusqu’à ce que le navire soit bloqué dans un floe. Dans la zone où ils ont commencé leur voyage, au large du plateau continental russe, la glace était anormalement fine par rapport à ce que les modèles prédisaient depuis deux décennies. Cette glace avait une épaisseur d’environ 50 centimètres, alors qu’elle était de 150 à 160 cm dans les années 1990, après trois années d’observation.
« C’était quelque chose auquel nous nous attendions. Cependant, le fait qu’elle soit si mince et si altérée était surprenant. Nous avons trouvé 40 à 50 cm de glace, mais seulement la moitié était gelée », explique Thomas Krumpen, membre de l’équipe de l’Institut Alfred Wegener. La cause en est l’été exceptionnellement chaud de l’année dernière, dit-il.
Le changement climatique a réchauffé l’Arctique plus rapidement que le reste du globe, et l’équipe espère percer les secrets de cette région en hiver, alors qu’elle a été peu étudiée. La question de la disparition de la banquise côtière a des conséquences majeures sur le climat mondial et sur la faune et la flore de cette région, notamment chez les ours polaires.

Les missions de suivi seront plus difficiles

La fragilité de la glace a posé quelques problèmes logistiques aux 90 personnes à bord du brise-glace. Elle était si mince qu’il a fallu repenser le plan original qui consistait à transporter des engins lourds à travers la glace jusqu’au Polarstern depuis un autre navire. « C’était complètement inattendu », dit Krumpen. Si de telles conditions sont la nouvelle norme pour cette région, cela rendra les missions de suivi de plus en plus difficiles, avertissent Krumpen et ses collègues.
L’équipe a également été surprise par la banquise dans laquelle elle était emprisonnée. L’analyse a trouvé beaucoup de cailloux et d’autres sédiments dans la glace, ce qui suggère qu’elle s’est formée dans des mers peu profondes autour de la côte sibérienne. La hausse des températures fait qu’il est aujourd’hui relativement rare que de telles glaces de mer – qui peuvent également transporter du méthane et des nutriments – atteignent l’océan Arctique central.
Cette recherche a été publiée dans The Cryosphere.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay