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Des scientifiques à la recherche de biomarqueurs sanguins qui pourraient prédire les poussées de polyarthrite rhumatoïde ont découvert de manière inattendue un type de cellule jamais vu auparavant. Baptisées cellules PRIME, elles s’accumulaient dans le sang sept jours avant une poussée, mais disparaissaient étrangement pendant la poussée.

Des cellules PRIME

Les chercheurs ont commencé par recruter quatre personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde et les ont chargées de prélever chaque semaine des échantillons de leur sang par une piqûre du doigt pendant une période pouvant aller jusqu’à quatre ans. En plus de ces échantillons de sang, la cohorte a suivi les symptômes personnels et les poussées afin que les scientifiques puissent établir une corrélation entre les marqueurs sanguins et l’activité de cette maladie.
En étudiant l’expression de l’ARN dans ces échantillons de sang, les chercheurs ont remarqué que quelque chose d’étrange apparaissait systématiquement chez tous les sujets environ sept jours avant qu’ils n’expérimentent une poussée. Une cellule mystérieuse, avec un profil d’ARN non visible dans le sang ou les cellules immunitaires. Ce que les scientifiques voyaient ressemblait davantage à des fibroblastes synoviaux, un type de cellule que l’on trouve généralement dans les articulations et qui ne circule pas librement dans le sang.
« Cela nous a fait penser qu’il y avait quelque chose d’étrange », explique Dana Orange, coauteur de cette étude. « Nous avons été très surpris de voir que les gènes exprimés juste avant une poussée sont normalement actifs dans l’os, le muscle et la matrice extracellulaire. »
Les scientifiques ont nommé ces cellules nouvellement découvertes des cellules PRIME, abréviation de « PRe-Inflammation MEsenchymal cells ». Et maintenant qu’ils savaient quoi chercher, ils ont testé 19 autres patients atteints de polyarthrite rhumatoïde pour confirmer que ces cellules PRIME semblent bien apparaître dans les jours précédant une poussée aiguë de cette maladie.

Elles disparaissent dès qu’une poussée commence

Mais plus curieusement encore, ces cellules PRIME disparaissent du sang dès qu’une poussée commence. Cette observation a conduit les scientifiques à émettre l’hypothèse que les cellules PRIME pourraient migrer du sang vers les articulations et être la cause des poussées de polyarthrite rhumatoïde.
Cette recherche en est encore à ses débuts et la présence des cellules PRIME comme précurseur d’une poussée de polyarthrite rhumatoïde doit être vérifiée chez un plus grand nombre de patients. Toutefois, les implications de cette nouvelle découverte sont importantes.
Robert Darnell, dont le laboratoire a dirigé ces nouvelles recherches, espère que cette découverte pourrait déboucher sur un dispositif de test simple pour aider les personnes souffrant d’arthrite à mieux prédire une poussée imminente. Plus important encore, une étude plus approfondie des caractéristiques moléculaires de ces cellules PRIME pourrait mener à de nouveaux traitements permettant d’arrêter ces poussées avant qu’elles ne commencent.

Une cible pour de futurs médicaments

« Les cellules PRIME sont une chose que vous pourriez vouloir cibler pour arrêter la poussée avant qu’elle ne se produise », dit Darnell. « C’est l’idéal de la science médicale : en savoir assez sur une maladie pour pouvoir mettre le doigt sur ce qui est sur le point de rendre quelqu’un malade. Si ces cellules sont les signes d’une maladie articulaire, elles deviennent une cible potentielle pour de nouveaux médicaments ».
Cette étude a été publiée dans The New England Journal of Medicine.
Source : Howard Hughes Medical Institute, Rockefeller University
Crédit photo : Pixabay

Découverte de nouvelles cellules liées à la polyarthrite rhumatoïdemartinBiologie
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