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Dans la foulée d’une étude génomique récemment publiée, qui établit une corrélation entre le taux de fer dans le sang et le vieillissement en bonne santé, d’autres recherches suggèrent qu’un taux de fer élevé dans le système peut être lié à une réduction de l’espérance de vie. Les recherches actuelles ne prouvent pas une relation fortuite entre des niveaux de fer élevés et une durée de vie plus courte, mais elles soutiennent les conseils recommandant que la supplémentation en fer ne soit nécessaire que chez les personnes souffrant d’une carence en fer diagnostiquée.

Le fer et la durée de vie

Cette nouvelle étude s’appuie sur un nombre croissant de recherches établissant un lien entre des taux de fer systémiques irréguliers et un certain nombre de maladies. La majorité des études antérieures sur le sujet ont été épidémiologiques, mettant en évidence la corrélation mais ne démontrant pas la causalité. Cette  nouvelle recherche a déployé une technique statistique de plus en plus populaire appelée randomisation mendélienne, conçue pour mieux étudier les liens de causalité possibles dans les études observationnelles.
Les chercheurs ont d’abord étudié les données génétiques de 48 972 sujets afin de trouver des corrélations entre les variantes des gènes et les niveaux de fer systémiques. Trois variantes génétiques spécifiques ont été impliquées dans l’homéostasie anormale du fer systémique.
Les chercheurs ont ensuite examiné un ensemble de données génomiques beaucoup plus vaste, englobant plus d’un million de sujets, afin de mesurer l’association entre ces marqueurs génétiques et l’espérance de vie globale. Les résultats ont révélé une association cohérente entre une espérance de vie réduite et une prédisposition génétique à des taux de fer plus élevés.

Un excès ou un manque de fer peut avoir de graves conséquence

« Nous savons depuis longtemps qu’un excès ou un manque de fer dans l’organisme peut avoir de graves conséquences sur la santé, et qu’une modification efficace du taux de fer peut aider de nombreuses personnes souffrant de maladies sous-jacentes », explique Dipender Gill, de l’Imperial College de Londres, qui supervise cette recherche. « Nos résultats s’appuient sur des travaux antérieurs pour clarifier davantage ce tableau, en montrant que les personnes qui ont une prédisposition génétique à des niveaux de fer légèrement élevés dans le corps ont en moyenne une espérance de vie réduite ».
Iyas Daghlas, coauteur de cette nouvelle recherche de la Harvard Medical School, souligne que ces résultats ne devraient pas être appliqués directement à la pratique clinique à ce stade, car il reste encore beaucoup de travail à faire pour comprendre la relation entre les niveaux de fer et la santé. De plus, il est urgent d’étudier si la supplémentation en fer est dangereuse si les gens augmentent leur taux alors qu’ils n’en ont pas besoin.
« Ces résultats ne doivent pas encore être extrapolés à la pratique clinique, mais ils confirment l’idée que les personnes qui ne souffrent pas de carence en fer ont peu de chances de bénéficier d’une supplémentation et que celle-ci peut même leur nuire », déclare M. Daghlas. « Nous soulignons que ces résultats ne devraient pas être appliqués à des patients ayant une raison valable de prendre des suppléments de fer, comme les patients souffrant d’anémie ferriprive symptomatique, ou chez les patients souffrant d’insuffisance cardiaque ».
Cette recherche a été publiée dans Clinical Nutrition.
Source : Imperial College London
Crédit photo : Pixabay